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Pour protester contre la construction d'un projet de centre de données de Bell prévu à proximité de la ville de Regina, le collectif Inspired a organisé samedi un atelier de confection de zines, afin d'exprimer leurs idées de façon artistique.
Le géant des télécommunications a prévu de construire le plus gros centre de données d’intelligence artificielle (IA) du Canada au sud de Regina, dans la municipalité rurale de Sherwood.
Un projet qui ne fait pas l’unanimité au sein de la population de la ville. De nombreuses personnes craignent notamment l’impact environnemental qu’un projet de cette ampleur pourrait avoir sur la faune et la flore de la région. Le collectif Inspired s'oppose également au projet.
On ne peut pas détruire l’environnement juste pour développer la science. Et je crois qu’il y a une façon de faire où on ne détruit pas l’environnement et on fait avancer le progrès scientifique, affirme Anneka McLauren, une responsable du collectif.
L’art à l'épreuve de l’IA
La démarche du collectif va au-delà de l'opposition à la construction d'un centre de données, mais s'attaque aussi à la montée en puissance de l’intelligence artificielle, d'où l'organisation de l'atelier de confection de mini-magazines de contestation appelés zines.

Les participants estiment avoir fait passer des messages importants à travers leur mini-magazine.
Photo : Radio-Canada / Pierre Campo
On s’est rassemblé et on s’est dit qu’on était vraiment contre l’idée de la construction de ce centre hors de la ville. Puis on s’est demandé comment on pouvait regrouper la communauté, comment on peut s’amuser et avoir des conversations importantes… et l’idée de cet événement est venue, explique Kira Dureault, coordinatrice des événements pour Inspired.
Plusieurs artistes étaient invités pour encadrer les ateliers. Mackenzy Vida, artiste visuelle fransaskoise et bilingue, était présente afin de donner aux gens une place pour créer de l’art et exprimer leurs opinions sur l’intelligence artificielle.
Quand je travaille avec des entreprises, je connais leur histoire, ce qui les rend uniques et ça c’est la touche humaine, ce n’est pas quelque chose que l’IA peut reproduire.
Pour elle, il est essentiel de rappeler les différences entre l’intelligence artificielle et l’art. Je trouve que l’IA c'est quelque chose de flambant neuf, on a tous hâte parce qu’on se dit "oh ça peut faire notre travail pour nous". Mais non, travailler avec un artiste c'est une expérience unique et humaine, ajoute la Fransaskoise.
De nombreux Réginois étaient présents pour cet événement afin de soutenir les artistes venus animer les ateliers. Je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’autant de personnes soient présentes (...) Le fait qu’autant de gens soient ici, ça montre que la communauté est vraiment contre ce projet de construction du centre en dehors de la ville, affirme Kira Dureault.
Neeve Reynolds, une étudiante qui participait aux ateliers, s'est présentée à l'activité pour soutenir les artistes et les opposants à l'IA afin qu’ils sachent qu’il y a d’autres personnes qui ont les mêmes pensées.
Pour moi c’est important d’être ici juste pour parler des dangers de L’IA. À l’école, on n’en parle pas beaucoup et on pense que c’est OK, mais en fait c’est quand même dangereux. Et j’adore aussi l’art et les artistes présents aujourd’hui, confie Neeve Reynolds.
La bataille culturelle que mènent les artistes saskatchewanais est donc loin d’être finie, car Bell espère lancer la construction de son centre de données d’intelligence artificielle au cours de l’année afin que celui-ci soit opérationnel en 2027.


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