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Par Le Figaro avec AFP
Le 27 juin 2026 à 05h19
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Le service obligatoire, s’il était rétabli, ne concernerait pas l’ensemble des quelque 350.000 Allemands de 18 ans, mais uniquement les effectifs requis chaque année par l’armée.
L'Allemagne peine à recruter des soldats et devra décider au plus tard en juillet 2027 d'un retour ou non au service militaire obligatoire pour muscler son armée, a dit à l'AFP un haut responsable parlementaire, Thomas Röwekamp. Confronté à une menace russe croissante, et à un allié américain imprévisible, le chancelier Friedrich Merz veut bâtir l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe, portant de 185.000 à au moins 260.000 le nombre de militaires de carrière d’ici 2035.
À cette fin, un service militaire volontaire a été créé, ainsi qu’un recensement obligatoire pour les hommes l’année de leurs 18 ans. Mais les premières données sont décevantes, si bien que l’idée d’une conscription pour compenser l’absence de volontaires est sur la table. La Bundeswehr n’a recruté de janvier à mai que 530 volontaires, alors que quelque 300.000 jeunes ont été contactés.
«Si nous ne parvenons pas à ces objectifs par le volontariat, nous devrons revenir à la conscription obligatoire. La décision devra être prise d’ici le 31 juillet de l’année prochaine», a indiqué à l’AFP M. Röwekamp, président de la commission défense du Bundestag, la chambre basse du Parlement. «J’ai toujours de sérieux doutes quant à notre capacité à parvenir» à ces objectifs «très ambitieux» sur la seule base du volontariat, a-t-il ajouté.
«Engager le dialogue avec la jeune génération»
Le service obligatoire, s’il était introduit, ne concernerait pas la totalité d’une classe d’âge, estimée à environ 350.000 hommes allemands de 18 ans. Il s’agira plutôt d’une conscription chaque année du nombre de jeunes nécessaires pour atteindre les objectifs annuels de recrutement de la Bundeswehr, précise le responsable.
«Ma principale inquiétude concerne (...) l’augmentation du nombre de militaires de carrière et sous contrat, car ce sont eux qui pilotent les avions de combat, naviguent les navires, conduisent les chars ou manœuvrent les systèmes de défense Patriot», souligne-t-il.
Interrogé sur le mouvement de jeunes contre le service militaire qui mobilise des foules régulièrement en Allemagne, M. Röwekamp dit «comprendre leur inquiétude», car depuis la fin du service militaire en 2011, après la fin de la Guerre froide, les jeunes ne sont plus sensibilisés aux questions de sécurité. «Nous n’avons plus parlé avec la jeune génération des thématiques de la guerre, de la paix, de la nécessité la défense», note ce député conservateur. «Je plaide donc pour que nous engagions le dialogue avec cette génération», poursuit M. Röwekamp, rappelant que Berlin estime que les forces armées de la Russie seront dès 2029 prêtes à une confrontation militaire directe avec les Occidentaux.
Accélérer le réarmement
Pour lui, l’objectif de Vladimir Poutine, au-delà de sa guerre en Ukraine, est de vaincre les démocraties libérales occidentales. L’Europe doit donc accélérer son réarmement indépendamment des États-Unis, d’une part du fait de la volonté de Donald Trump de réduire sa présence en Europe, mais aussi parce que le complexe militaro-industriel américain n’est pas en mesure d’approvisionner les armées européennes dans un contexte de crises internationales à répétition.
Pour M. Röwekamp, il s’agit donc pour les Européens de développer eux-mêmes leurs moyens militaires, sur la base des besoins. D’autant que, selon lui, la coopération franco-allemande fonctionne encore, citant l’exemple du groupe KNDS, Berlin et Paris qui s’est entendu en juin sur une gouvernance paritaire de ce fabricant de chars. Cette thématique devrait être discutée lors du sommet de l’Otan à Ankara début juillet.
Il espère enfin qu’après le récent revirement du président américain, qui a exprimé son soutien à l’Ukraine, ce sommet enverra un message clair à Vladimir Poutine. «Il est plus que jamais essentiel de réaffirmer notre volonté d’union. Car, je pense que l’un des objectifs de la guerre menée par Poutine est également de s’attaquer à la cohésion de l’alliance», souligne-t-il.


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