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Des organisations de défense de l’environnement ont déposé une plainte mardi contre l’administration Trump, l’accusant d’affaiblir une loi majeure sur les espèces menacées en cessant de considérer la destruction de leur habitat comme un préjudice.
Le département de l’Intérieur américain, principalement chargé de la gestion des immenses terres fédérales, a entériné la semaine dernière ces modifications réglementaires.
Il a ainsi mis fin à cinq décennies de jurisprudence et de pratique dans l’interprétation de l’Endangered Species Act (ESA), une loi majeure adoptée en 1973, à laquelle est attribuée le sauvetage de plusieurs espèces emblématiques aux États-Unis, dont celle du pygargue à tête blanche, rapace symbole du pays.
Cette loi emblématique interdit toute forme de « prélèvement » d’espèces menacées. La loi définit ce terme comme le fait de « harceler, nuire, poursuivre, chasser, tirer, blesser, tuer, piéger, capturer ou collecter » un animal protégé, ou de tenter de le faire.
Dans l’application de ce texte, le gouvernement avait précisé que le terme « nuire » (« harm ») englobait notamment les dégradations importantes de l’habitat des espèces protégées mettant en danger leur survie.
Mais l’administration Trump, considérant que cette définition était trop large et portait atteinte aux droits de propriété privée, a décidé de la revoir.
Dans leur plainte, déposée devant un tribunal fédéral de l’État de Washington, des organisations environnementales comme le Center for Biological Diversity et le Sierra Club estiment que cette décision viole « le bon sens, la science biologique et le droit fédéral ».
« La destruction et la dégradation des habitats tuent les espèces menacées ou en danger tout aussi sûrement que si on leur tirait dessus », font-elles valoir dans la plainte.
Dans un communiqué, elles ont averti que ces changements pourraient avoir des effets immédiats sur des espèces comme les lamantins de Floride, les grizzlis et les insectes pollinisateurs.
Avant cette décision, l’administration Trump avait déjà pris une série de mesures visant à réduire la portée de l’ESA.
En novembre dernier, le gouvernement a notamment proposé d’autoriser la prise en compte de « considérations économiques » dans les décisions visant à déterminer si une espèce menacée d’extinction devait être protégée.
Il a également exempté les industries pétrolière et gazière opérant dans le golfe du Mexique de l’obligation de respecter cette loi. Et lundi, le gouvernement a annoncé qu’il réduisait de plus de 90 % la superficie de deux vastes zones protégées dans l’Utah.


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