Depuis près d’un an que je suis installée à Séoul, je me suis souvent étonnée de croiser des habitants affublés de petits patchs sur le visage. Si ces pastilles sont généralement rondes et transparentes, d’autres prennent la forme d’étoiles ou d’animaux, pour cet effet cute si cher aux Coréens. Je suppose que cela sert à traiter l’acné, sujet que je n’ai encore guère exploré, mais je décide quand même d’enquêter chez Olive Young, célèbre enseigne beauté locale. J’y dégote plusieurs rangées de patchs fantaisie: étoiles multicolores, pattes de chat, papillons, cœurs, têtes de cerf et chien… Même le soin des boutons, la K-beauty le rend fun! Sur les packagings, on lit «Hydrocolloid»: cela signifie que les patchs sont composés de grosses molécules hydrophiles capables de s’organiser en réseau de «cages» pour emprisonner le sébum. Au contact du liquide, ça gonfle et forme un gel!
Mais la chimiste que je suis remarque autre chose: les patchs étoiles, bleus, roses, violets et jaunes, de OOTD Beauty, sont enrichis en… céramides. De quoi s’agit-il? D’un nouvel ingrédient actif? Je me résous à creuser. Il s’agit en fait de lipides – des «graisses» – naturellement présents à environ 50% dans la barrière cutanée, la couche la plus superficielle de la peau. Leur rôle? Maintenir l’hydratation et protéger des agressions extérieures. Petit hic: la production de ce «ciment» cutané diminue avec le temps, entraînant sécheresse, irritations, rougeurs et rides. Pour y remédier, des céramides végétaux ou synthétiques sont ajoutés à la skincare, un peu comme du «plâtre dans les fissures». Je vois. Logique d’en ajouter dans les patchs contre l’acné: ils vont aider à renforcer la peau fragilisée, pour soutenir sa réparation.


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