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La Cour de justice de la République a rendu ce jeudi un non-lieu en faveur de la ministre Aurore Bergé dans le dossier des crèches privées, les investigations sur des soupçons de faux témoignage sous serment à propos de ses liens avec une lobbyiste n'ayant pas démontré qu'elle ait menti. La ministre de 39 ans, figure du macronisme, était visée par une information judiciaire depuis janvier 2025, soupçonnée d'avoir nié devant une commission parlementaire tout lien personnel avec une lobbyiste des crèches privées.
Elle avait été mise en cause, à l'origine, par le livre-enquête « Les Ogres » (Flammarion) de Victor Castanet, paru en septembre 2024, sur les dérives de certains groupes privés de crèches. Le journaliste, prix Albert-Londres pour son ouvrage précédent sur les maisons de retraite, évoquait un « pacte de non-agression » entre Aurore Bergé, à l'époque ministre de la Famille, et la déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC), Elsa Hervy.
Auditionnée le 30 avril 2024 sous serment par la commission d'enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches, la ministre avait affirmé n'avoir aucun « lien personnel, intime ou amical, ni d'accointances » avec Elsa Hervy. Les investigations avaient été ouvertes après un signalement du bureau de l'Assemblée nationale concernant ces propos.
Domicile perquisitionné
La décision de non-lieu, conforme aux réquisitions, a été annoncée par le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, ministère public devant la Cour de justice de la République (CJR). Cette instance juge les membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions.
« Ministre des solidarités et des familles, j'ai toujours rempli mes fonctions avec intégrité et droiture », a réagi Aurore Bergé, devenue ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, dans un communi/societe/2022/01/25/des-pensionnaires-maltraites-et-rationnes-un-livre-fait-des-revelations-fracassantes-sur-les-ehpadqué. « J'ai changé la loi pour mieux exercer ces contrôles » au service de la protection de l'enfance, « notamment vis-à-vis du secteur privé », a-t-elle insisté. « La justice reconnaît aujourd'hui pleinement, au terme de vastes investigations, que ma cliente a toujours dit la vérité », a salué son avocate, Jade Dousselin.
Le domicile d'Aurore Bergé, ex-présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, avait été perquisitionné en février 2025. Elle avait été placée sous le statut de témoin assisté mais jamais été mise en examen. Certains collaborateurs d'Aurore Bergé avaient été auditionnés, ainsi qu'Elsa Hervy, et plusieurs supports numériques appartenant à Mme Bergé et Mme Hervy avaient été exploités.
Si les deux femmes ont bien nourri « des relations poussées » lorsque Aurore Bergé était ministre, celles-ci sont « revendiquées » par Elsa Hervy comme une activité de lobbying, relève ce jeudi une source judiciaire. Et les juges n'ont pas retrouvé de photos, de dîners ou de vacances partagés pouvant prouver une proximité, a précisé la même source. Fin mai, le procureur général avait ainsi conclu que les investigations n'avaient « pas démontré l'existence d'un lien personnel, intime ou amical » entre les deux femmes.
Castanet accusé de diffamation
Dans un courriel révélé par Victor Castanet dans son livre, la ministre disait à sa directrice de cabinet en août 2023 à propos de Elsa Hervy: « C'est surtout une copine :) Elle sera très aidante avec moi ». Ce livre a causé « un énorme préjudice compte tenu de la couverture presse », a déploré ce jeudi Albane Lancrenon, avocate d'Elsa Hervy et de la FFEC.
Victor Castanet, visé par des plaintes en diffamation, doit être jugé en mars 2027, d'après des sources proches du dossier. L'auteur a assuré « ne pas être inquiet ». « Je maintiens chaque mot et chaque révélation du livre, car il s'appuie sur des témoignages, notamment très proches d'Aurore Bergé, au sein de son cabinet, et aussi sur un grand nombre de documents », a-t-il expliqué.
Lors de ces auditions devant la CJR, le journaliste n'a « sans doute pas voulu donner à la justice tous les éléments dont il disposait par souci de protection des sources », avance une source judiciaire, qui souligne que le non-lieu ne retire rien du « sérieux » de son livre-enquête.
Victor Castanet a précisé travailler sur un « documentaire à venir sur France TV », avec « de nouveaux éléments ».


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