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Des membres de la diaspora vénézuélienne au Canada accueillent avec joie et soulagement le départ du président Nicolas Maduro, capturé avec son épouse, dans la nuit de vendredi à samedi, lors d’une intervention militaire américaine.
Yelitza Rojas, fondatrice de l'Association des Vénézuéliens de Québec, a suivi sur les médias sociaux les réactions de ses compatriotes. Elle explique que beaucoup de Vénézuéliens qui vivent à l’étranger sont au pays pour les Fêtes. Ça a été évidemment très stressant et c'était terrible, raconte-t-elle, d’entendre avions, hélicoptères et coups de feu.
C'est évidemment une angoisse énorme parce que ça nous rappelle justement quand [Hugo] Chavez a fait le coup d'État. Moi j'étais là et c'est très très angoissant, vivre en coup d'État dans la vie, indique-t-elle.
Yelitza Rojas affirme que les Vénézuéliens sont très pacifistes et qu’ils avaient épuisé les moyens pacifiques et les demandes d’aide extérieure pour mettre fin au régime.
Moi, ce que j'ai vu surtout, cette nuit, c'est la capture d'un criminel, lance Yelitza Rojas.
J'ai vu plus qu'une intervention militaire, j'ai vu une intervention policière presque parce que lui, c'est un criminel, utilisait la drogue pour aller nuire à un pays, à plusieurs pays.
Lors d'un rassemblement organisé samedi à Montréal, Bilma Escalona manquait de mots pour décrire sa joie. Nous avons attendu 25 années pour ça. Pour nous, c'est vraiment une satisfaction.

Carolyn Duran approuve l'intervention américaine, parce qu'elle estime qu'il n'y avait pas d'autre moyen de faire partir Nicolas Maduro.
Photo : Radio-Canada
Même son de cloche pour Carolyn Duran, qui est venue au Canada avec sa famille, comme réfugiés. Nous voulons retourner dans notre pays... nous voulons vraiment retourner, même juste pour une visite, pour voir notre famille, explique-t-elle.
L’ancien ambassadeur du Canada au Venezuela Ben Rowswell parle d’un jour de célébration pour les Vénézuéliens installés au Canada, qu’il perçoit comme très unis dans leur opposition à Maduro.
Leur pays a tellement souffert qu’ils ont été obligés de sortir de ce pays, affirme l'ex-diplomate, aujourd’hui consultant à la firme Catalyze4.

Le consultant et ancien ambassadeur Ben Rowswell s'attend à ce que les négociations pour un retour à la démocratie soient difficiles.
Photo : Radio-Canada
C'est un des pires dictateurs de la région et il a causé énormément de misère pour son pays. C'est quelqu'un qui a commis des crimes de guerre contre sa propre population, alors on n'a aucune sympathie pour lui.
Parallèlement, M. Rowswell sent une grande inquiétude pour la façon dont les États-Unis ont employé pour lui enlever du pouvoir par la force militaire, par une violation du droit international.
À Montréal, Carolyn Duran comprend les appréhensions que l'intervention américaine suscite, mais estime qu'il n'y avait pas d'autre option.
À un certain point, nous avons vu que, pour mettre fin à la dictature, il faudrait s'appuyer sur d'autres pays, comme les États-Unis. Alors, nous sommes très reconnaissants au président Trump. Je sais que c'est difficile à comprendre pour beaucoup de gens.
Les Vénézuéliens du Canada, estime Ben Rowswell, sont très préoccupés par les droits de la personne et la démocratie dans leur pays d’origine.
C’est probablement un moment de beaucoup d’espoir, en dépit de la violation du droit international qui a produit ce changement politique.
J’espère que s’il y a un retour à la démocratie, s’il y a un retour à la paix, dit-il, que beaucoup de ces Vénézuéliens vont se dédier à la reconstruction de leur pays, vont amener des talents, une passion et un engagement envers leur pays.
Avec les informations de Magali Levesque et d'Andréane Williams


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