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Jérôme Fourquet : «Muscu, running, chirurgie et tatouages : le nouveau culte du corps ?»

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Y a-t-il fracture générationnelle plus nette que celle du rapport au corps ? Presque la moitié des jeunes sont tatoués contre 2% des retraités. Dans un nouvel épisode de La France de Fourquet (Le Figaro TV), le sondeur égrène les exemples permettant d’illustrer le nouveau culte du corps et de la performance qui se dessine.

Le tatouage comme nouveau «rite de passage» à l’âge adulte ? Les données recueillies par Jérôme Fourquet pour Le Figaro TV  attestent un phénomène générationnel manifeste. Si, en 2010, un jeune sur cinq entre 25 et 34 ans était tatoué, la proportion a plus que doublé (42%) en à peine quinze ans, concernant désormais près d’un jeune sur deux.

«On quitte le domicile familial, on part faire des études supérieures et l’on prend aujourd’hui pleinement possession de son corps en le marquant», émet comme hypothèse le directeur du pôle Opinion à l’Ifop. «Chez les publics plus âgés, c’était une pratique de niche - seuls 1% des plus de 65 ans étaient tatoués - assez mal perçue, voire ostracisée. En d’autres termes : ça ne se faisait pas», poursuit-il. Ce même différentiel générationnel dans des proportions similaires, s’observe sur le piercing, puisque 2% des plus de 50 ans portent un piercing contre 13% des 35-49 ans et 35% des 25-34 ans.

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Deux France du tatouage ?

La fracture semble également géographique au regard de la carte de la densité de tatoueurs par département, où les littoraux du sud et de l’ouest de la France se bardent de rouge, tandis que le nord du pays apparaît moins doté en professionnels de l’aiguille. Jérôme Fourquet y voit une influence «de la culture du surf et de la prévalence des métiers maritimes comme les pêcheurs» sur la côte atlantique, tandis que le long de la Méditerranée, «eu égard aux conditions météorologiques d’ensoleillement tout au long de l’année, les corps sont davantage exposés alors on les singularise et on les customise».

La chirurgie esthétique a doublé en moins de quinze ans

Autre pratique qui, cette fois, modifie directement le corps plutôt que de le «peindre» : la chirurgie esthétique poursuit, elle aussi, son embellie. Le nombre d’actes pratiqués a doublé en treize ans (entre 2010 et 2023) passant de 444 000 à 884 000 par an. «Il y a vingt ans, c’était un peu honteux d’y avoir recours. Aujourd’hui, on en est fier dans les jeunes générations et on le montre sur les réseaux sociaux», observe par ailleurs Jérôme Fourquet. C’est aujourd’hui une Française majeure sur dix qui déclare avoir eu recours à de la chirurgie esthétique au moins une fois dans sa vie, selon les données de l’Ifop. Clin d’œil à nos gouvernants, l’auteur de L’Archipel français (éd. du Seuil) ne manque pas de rappeler une polémique vieille de deux ans : «Signe des temps, l’ancien ministre Olivier Véran , en quittant la vie politique et le gouvernement, a très fortement - avant de se raviser - envisagé une reconversion dans la médecine esthétique, lui qui est neurologue de formation.»

La pratique de la course s’intensifie : on est passé du jogging dans les années 70 au footing puis au running aujourd’hui

«La France de Fourquet» sur Le Figaro TV

Dis-moi à quelle vitesse tu cours et je te dirai qui tu es ?

Avant même de toucher à leurs corps, les Français s’empressent de l’entretenir, en salle avec la musculation ou en plein air avec la course à pied, devenue «pratique de masse» après avoir été l’apanage de quelques initiés. Il n’y a qu’à se pencher sur le nombre d’inscrits au marathon de Paris, la première édition ayant eu lieu en 1976 - année de la création de Décathlon - et n’ayant attiré que 126 coureurs. L’an passé, 57 000 passionnés ont écumé les rues parisiennes, deux fois plus qu’en 1999. La carte des 91 marathons organisés chaque année dans l’Hexagone «montre qu’il y en a pour tous les goûts : d’intensité variée, en montagne ou dans des cadres très touristiques car les Français courent de plus en plus». Davantage de coureurs donc, mais aussi une «intensification du rythme de la course» que ne manque pas de relever Jérôme Fourquet : «Si on fait un peu de sémantique, nous sommes passés du jogging dans les années 1970, puis au footing et maintenant au running et on voit bien ce qui se joue derrière les mots utilisés». Dans les jeunes générations, nombreux sont ceux qui brocardent leurs exploits sur l’application Strava. Ses utilisateurs de la Gen Z (entre 18 et 30 ans) convertissent d’ailleurs leurs exploits personnels en s’inscrivant aux courses : entre 2024 et 2025, ils étaient près du double en un an à avoir participé à des courses de 5 kilomètres, une hausse de 66% est à noter sur celles de 10 kilomètres et de 52% sur les semi-marathons, selon les chiffres du rapport annuel de Strava.

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Rappelant combien Decathlon essaime le territoire et figure régulièrement comme «marque préférée des Français», Jérôme Fourquet fait remarquer qu’«en cinquante ans, l’enseigne sportive s’est installée dans presque toutes les villes moyennes du pays». Dans la France archipélisée, ne restera-t-il alors que Decathlon pour mettre tout le monde d’accord sur le sport et notre rapport au corps ?

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