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«Je ne sais pas si Netflix peut se payer la Ligue des champions», estime Laurent-Eric Le Lay, patron des sports de France Télévisions

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Laurent-Eric Le Lay dans le «Buzz TV» pour Le Figaro TV

Laurent-Eric Le Lay dans le «Buzz TV» pour Le Figaro TV Le Figaro / capture d'écran

VIDÉO - Alors qu’un gigantesque week-end sportif se prépare, le directeur des sports du service public était l’invité du «Buzz TV». Il évoque aussi la concurrence avec les plateformes de streaming et la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.

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Si les futurs marathoniens de Paris cirent leurs baskets et filent acheter quelques gels à glisser dans leurs poches, les fans de sport aussi s’apprêtent à vivre un véritable marathon...devant leur télévision. Tournois de tennis de Monte-Carlo, coupes d’Europe de rugby, Paris-Roubaix, tournois des 6 nations féminin et bien sûr, le marathon de Paris, ils ne sont pas près de s’ennuyer devant les chaînes du groupe France Télévisions.

«On n’est jamais en overdose de sport. C’est pour ça qu’il rassemble autant, parce que ce sont des moments d’émotion, de partage», se félicite Laurent-Eric le Lay  sur le plateau du «Buzz TV» ce jeudi. En coulisses, tout le monde est dans les starting bloc. «Il y a un grand savoir-faire de la gestion d’évènements complexes», estime-t-il. Et puisque certaines épreuves se chevauchent, France 2, France 3 et France 4 sont réquisitionnées pour «permettre à chacun de choisir en zappant d’un évènement à un autre».

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On pouvait penser que les contraintes budgétaires viendraient freiner l’enthousiasme. Il n’en est rien même si Laurent-Eric Le Lay est conscient qu’«il faut que chaque euro dépensé se retrouve à l’image». Pour diminuer les coûts de diffusion, France Télévisions s’adapte. «On fait très attention à ce que nos dispositifs restent performants mais deviennent économes», explique-t-il. Par exemple, la diffusion des caméras du marathon de Paris se fera par réseau 5G, «ce qui nous fait économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros», précise-t-il.

Les droits de la Ligue 1 ? Ça coûte cher

Laurent-Éric Le Lay

Les conséquences de ces enveloppes budgétaires étaient déjà visibles lors des Jeux Olympiques d’hiver, où une bonne partie des équipes avaient couvert l’évènement depuis Paris. C’est à cause de ces mêmes enveloppes que le groupe a revendu des matchs du tournoi des 6 nations à TF1. «On a été amenés à faire des choix», reconnaît le directeur des sports. «Il y avait une opportunité avec les JO d’hiver sur lesquels on avait déployé un très gros dispositif donc de pouvoir sous-licencier une partie du tournoi des six nations à TF1.» Pourrait-il aller encore plus loin et envisager une co-diffusion pour Roland Garros ou le Tour de France ? «Ce n’est pas notre souhait», répond-il. Et négocier avec la ligue pour récupérer les droits de la Ligue 1 ? «Ça coûte cher», plaisante-t-il, bien conscient que cela reste un peu ambitieux pour le portefeuille du groupe.

Toujours dans ce souci d’alléger la facture, France TV a cédé quelques nocturnes de Roland-Garros à Prime Vidéo. Toutefois, il n’est pas question pour le moment de leur laisser d’autres créneaux en journée. «Je ne suis pas sûr que saucissonner les évènements soit bien. L’audience de Roland-Garros se construit au fur et à mesure de la journée. C’est pour ça que c’est important de diffuser ces évènements sur un temps long», développe-t-il. Les plateformes de streaming ont tendance à lorgner quelques compétitions sportives, pourtant Laurent-Eric Le Lay estime qu’elles n’ont pas encore les épaules pour tout diffuser. «Il faut qu’ils développent un système économique qui leur permette d’amortir tous ces droits. Ils ont beaucoup d’argent mais je ne sais pas si même Netflix peut se payer la ligue des champions partout dans le monde.»

Pour tenter de s’ajuster, France TV a créé sa plateforme 100% sport. «On ne peut pas tout diffuser sur des chaînes en clair car elles ont d’autres missions donc c’est un outil supplémentaire», assure-t-il. En complément du linéaire, la chaîne numérique francetv sport diffuse chaque jour des épreuves en direct ainsi que des documentaires, des magazines ou encore des programmes jeunesse. «Elle a une spécificité qui est de donner la parole au public avec ce système de fanzone où on peut poser des questions, répondre aux sondages. Donc ça permet de créer une interactivité», précise-t-il.

À lire aussi Laurent-Éric Le Lay (France TV Sport) : « Une évolution exigeante, mais indispensable »

L’émission a enfin été l’occasion de revenir sur l’audition de Delphine Ernotte pour la commission sur l’audiovisuel public. Déjà auditionnée une première fois, la présidente directrice générale de France TV devait cette fois-ci répondre à des questions sur les dotations publiques et la neutralité du service public. Elle a également tenu à indiquer, avec émotion, au rapporteur de la commission, Charles Alloncle, l’état d’esprit dans lequel ses équipes ont traversé ces cinq mois d’enquête, assurant que certaines mises en cause avaient été vécues douloureusement. Des propos soutenus par Laurent-Eric Le Lay. «Il y a des questions qui sont parfois agaçantes», avoue-t-il en admettant tout de même que cette commission est compréhensible. «Nous sommes une entreprise publique et c’est légitime qu’on nous demande des comptes.»

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