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Bernadette Chirac, décédée vendredi soir à l’âge de 93 ans, était « une super-organisatrice au sein de l’Élysée », et malgré « son apparence discrète », « capable de colères mémorables », confie le journaliste et écrivain Bertrand Meyer-Stabley. Interview.
Propos recueillis par Charlotte Murat - Hier à 20:00 | mis à jour hier à 20:04 - Temps de lecture :
Le journaliste et écrivain Bertrand Meyer-Stabley, coauteur du livre Les Dames de l’Élysée (éd. Bartillat) avec Lynda Maache, revient sur la personnalité de Bernadette Chirac, décédée vendredi soir à l’âge de 93 ans.
« Elle était déjà une super-organisatrice au sein de l’Élysée, omniprésente, veillant à ce que tout fonctionne parfaitement, quitte à en faire trop. Elle a pris très au sérieux son rôle de maîtresse de maison pour donner l’image de grandeur de la France. Elle avait fait ses armes à la mairie de Paris, mais elle était surtout faite pour cela. Elle parlait aussi très bien l’anglais. Et en même temps, elle était élue de son côté, ce qui lui permettait de conserver un lien avec la France profonde et donc le sens des réalités. Derrière son apparence discrète se cachait aussi une femme capable de colères mémorables et d’une grande détermination. »
« Elle jouait la femme soumise, mais ce n’était qu’une apparence »
Est-ce que les Français l’ont appréciée tout de suite ?« Au départ, elle avait une image un peu démodée. Elle était aussi un peu laissée de côté par Jacques et Claude Chirac, sa fille. Mais même si son ambition passait par celle de son mari, elle a fini par s’imposer et à devenir une figure médiatique appréciée. Elle a changé de coiffure, a été habillée par Chanel. Et surtout, avec l’opération Pièces Jaunes, elle a montré son utilité et son énergie. Elle s’est beaucoup déplacée sur le terrain, a prouvé à quel point elle était combattante et bosseuse. »
« Elle n’a jamais cherché à se faire passer pour ce qu’elle n’était pas, elle est toujours restée authentique. En interview, elle jouait la femme soumise à son mari, mais ce n’était qu’une apparence. Elle prenait des décisions et allait jusqu’au bout. Elle voulait aussi étonner son mari et lui prouver qu’elle était capable de participer à la popularité du couple. La visite d’Hillary Clinton en Corrèze, c’est grâce à elle. »
« Elle avait pressenti la présence de Le Pen au second tour en 2002 »
Bernadette Chirac était-elle un animal politique au même titre que son mari ?« Elle a senti des choses. Peut-être était-ce grâce à ses déplacements en province ou aux centaines de milliers de lettres qu’elle recevait. Elle prenait aussi beaucoup le temps d’observer, alors que Jacques Chirac était plus fonceur. La dissolution de 1997, elle était contre. Elle traitait d’ailleurs Dominique de Villepin de “Néron”. Elle avait également pressenti la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002. Elle avait aussi ses têtes et les assumait. Elle a ainsi plaidé pour le retour en grâce de Nicolas Sarkozy mais se montrait très hostile envers Alain Juppé. Elle n’était pas toujours facile, mais elle était authentique, ce qui est rare en politique, où beaucoup jouent un double jeu. »
Pour rendre hommage à Madame Bernadette CHIRAC, vous pouvez déposer un message de condoléances ou partager un souvenir en sa mémoire sur le site Libra Memoria.
A ce jour, 31 hommages ont été publiés.


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