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Les inondations qui ont touché l’ouest du Manitoba laissent de lourdes traces dans les champs. Les agriculteurs font face à une crise majeure, entre accès bloqué au bétail, cultures noyées et incertitude financière.
Le directeur de l'Institut des transports à l'Asper School of Business de l'Université du Manitoba, Barry Prentice, explique que la topographie plate de la province contribue en premier lieu aux dégâts des cultures.
L'eau ne s'écoule pas très loin ni très vite. Et dès qu'elle se heurte à un obstacle, elle forme alors une mare derrière un obstacle. Elle n'est peut-être pas très profonde, mais il ne faut pas beaucoup d'eau pour détruire une culture.
Le constat est le même pour les cultures de soya et de canola, car l’eau stagnante étouffe les plantes et favorise les maladies fongiques.
Dans la région de Parkland, les dégâts routiers empêchent également les éleveurs d’accéder à leur bétail. Il leur est donc impossible de s’assurer que leurs animaux sont en sécurité ou qu’ils n’ont pas été blessés.
Avec les inondations et les dégâts causés aux cultures pour la saison à venir, c'est-à-dire la saison hivernale, c'est aussi l'accès au fourrage qui va poser problème pendant les mois d'hiver, ajoute la présidente de Keystone Agricultural Producers, Jill Verwey.
Au-delà de la perte immédiate, Mme Verwey pointe une réalité économique difficile. Ce qui nous touche vraiment aujourd’hui, c’est l’impact considérable de la hausse des coûts et des investissements dans les cultures, ainsi que les risques financiers que prennent les producteurs, précise-t-elle.
Il est aussi compliqué de traiter les mauvaises herbes à temps pour cette saison, ce qui risque d’aggraver les problèmes pour les récoltes futures.
Selon Jill Verwey, d’autres limites s’ajoutent à ces complications financières. Face à ces phénomènes météorologiques extrêmes, les dispositifs d'aide actuels, qu’il s’agisse de l’assurance-récolte ou de certains programmes gouvernementaux, sont mis à rude épreuve.
Des infrastructures en question
Barry Prentice et Jill Verwey s’accordent tous deux sur un point : la répétition de ces épisodes météorologiques extrêmes montre une certaine obsolescence des réseaux de drainage. Il est évident que certains réseaux de drainage n'ont pas été entretenus, que des fossés ont été laissés à l'abandon. Il n'y a peut-être pas suffisamment de ponceaux sur les voies ferrées ou les routes pour évacuer ce volume d'eau , ajoute le directeur de l’Institut.
Face à ce constat, il suggère que la province investisse massivement dans des bassins de rétention d’eau qui seraient capables de capter le surplus lors des crues et qui serviraient aussi de réserve lors des années de sécheresse.
Nous devons nous assurer de disposer des infrastructures adéquates pour gérer ces débits élevés et être en mesure de les contrôler.
Pour l’instant, les agriculteurs attendent. Ils comptent sur un temps sec et ensoleillé pour reprendre le contrôle de leurs champs, notamment pour appliquer des fongicides et lutter contre les mauvaises herbes.
À ce stade de la saison de croissance des cultures, on laisse en quelque sorte mère Nature nous distribuer les cartes pour le reste de la saison, relativise la présidente.
Jill Verwey rappelle également l’importance du Programme de bien-être agricole du Manitoba. Elle encourage les producteurs à donner la priorité à leur santé mentale et à solliciter du soutien pendant cette période particulièrement stressante.


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