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"Ils ne prennent pas les négociations au sérieux" : L’administration Trump demande plus de moyens pour financer une guerre en Iran… qui n’en finit pas

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L'Administration Trump a sollicité plus de moyens auprès du Congrès pour financer la guerre que les États-Unis mènent en Iran. Alors que le conflit a repris depuis onze jours, le secrétaire d'État à la Guerre Pete Hegseth a plaidé pour une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars (58 milliards d'euros). Cette somme est "urgente" et "nécessaire" pour couvrir les dépenses liées à l'engagement du Pentagone dans cette guerre d'ici la fin du mois de septembre, a souligné Pete Hegseth en compagnie du général Dan Caine, président du comité des chefs d'état-major interarmées.

Jusqu'ici, a-t-il précisé lors de leur audition mardi devant la commission des crédits du Sénat, le coût de la guerre en Iran à ce jour est estimé à 37,5 milliards de dollars. Quant aux crédits supplémentaires demandés, ils n'incluent pas la réparation des dommages causés par les tirs iraniens aux bases américaines dans le golfe Persique. Outre cette rallonge, Pete Hegseth a exhorté le Congrès à accepter sa requête pour accroître le budget du Pentagone à hauteur d'un peu plus de 1400 milliards de dollars (plus de 1200 milliards d'euros) en 2027. Un montant déjà évoqué par Donald Trump en janvier dernier, avant la guerre en Iran…

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Extension du conflit

Cette requête budgétaire survient dans une nouvelle phase d'extension de ce conflit qui a débuté le 28 février et a repris le 12 juillet après environ trois mois d'une interruption jalonnée de rechutes. Alors que les bombardements respectifs se poursuivent en Iran et sur les intérêts des États-Unis et de leurs alliés sunnites au Moyen-Orient, les Houthis (alliés de l'Iran au Yémen) ont menacé lundi d'entraver le trafic en mer Rouge et d'instaurer un blocus maritime de l'Arabie saoudite.

Par ailleurs, Donald Trump a approuvé mercredi un accord avec Riyad portant sur le développement d'infrastructures d'enrichissement d'uranium en vue d'alimenter un programme nucléaire civil. Le président américain avait menacé la veille d'attaquer "très bientôt" un complexe nucléaire souterrain, dans les montagnes de Kolang (dans le centre de l'Iran), où des milliers de centrifugeuses pourraient enrichir en secret de l'uranium – ce que Téhéran dément catégoriquement. Le chef de la Maison-Blanche avait alors ajouté n'en avoir "pas fini du tout" avec la guerre.

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Confusion et contradictions

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain de supporter le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas au lieu de demander une autorisation de transfert pour les fonds non dépensés", a questionné la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen lors de l'audition, faisant remarquer que l'administration avait toujours 75 milliards de dollars de fonds alloués dans ses caisses. À entendre Pete Hegseth, cet argent a déjà été dépensé ailleurs, pour d'autres priorités du Président, comme le système de défense dit "Dome d'or pour l'Amérique" et des investissements dans les missiles hypersoniques et d'autres types de munitions très demandées.

Pour les parlementaires critiques de l'action gouvernementale, la confusion qui règne au sujet des objectifs et de la stratégie pour gagner la guerre en Iran est au cœur de la désaffection du public pour ce conflit. Les déclarations contradictoires alimentent le manque de confiance envers l'Administration Trump, dont les dirigeants – et Pete Hegseth en particulier — ont été qualifiés de "défaillants" par le sénateur démocrate Gary Peters. Ainsi comment comprendre la volonté cent fois affirmée du président américain durant le cessez-le-feu de parvenir "très prochainement" à un accord complet mettant fin à la guerre et la position actuelle affirmant qu'il n'en a toujours pas terminé avec ce conflit ?

À plus forte raison lorsque le manque de cohérence se produit dans le même temps. Le secrétaire d'État Marco Rubio a ainsi réaffirmé mercredi la volonté des États-Unis de parvenir à un accord avec l'Iran afin de mettre fin aux hostilités. Même si, d'après lui, Téhéran n'est pas sérieux dans les discussions. "Le problème actuel est qu'ils ne prennent pas les négociations au sérieux. S'ils sont sérieux, nous le serons aussi. Sinon, nous ferons le nécessaire pour protéger nos intérêts ainsi que ceux de nos alliés", a déclaré M. Rubio à Manille lors d'une réunion des chefs de la diplomatie l'Asean (Association des nations l'Asie du Sud-Est). Un peu plus tard, Donald Trump réitérait ses menaces de bombarder les centrales énergétiques et les ponts iraniens…

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