Au fin fond d’une forêt en Abitibi, trois vieux ermites vivent volontairement loin de tout, dans leurs cabanes. Mais après la mort de leur doyen, Ted, leur quotidien va changer, puisque arrivent dans leur petite communauté Gertrude, une femme de 80 ans, internée depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne, et Raphaëlle (Ève Landry), une jeune photographe qui veut témoigner de l’existence de personnes ayant survécu à de terribles feux de forêt.

La comédienne Andrée Lachapelle dans le rôle de Marie-Desneiges, dans le long métrage Il pleuvait des oiseaux.Photo : Les films Outsiders
Une adaptation simple et délicate
Les ingrédients sont simples, tangibles et mélangés au gré de séquences souvent impressionnistes qui magnifient l’incroyable décor qu’offre cette forêt. Succès majeur du cinéma québécois en 2019, prix du public au gala Québec Cinéma, Il pleuvait des oiseaux pouvait certes compter sur un public déjà conquis par le récit, l’écriture et le style de Jocelyne Saucier, dont le roman est ici adapté (Prix des lecteurs Radio-Canada en 2012). Mais un film adapté n’est pas qu’une transposition littérale d’une œuvre. Il ajoute évidemment son petit grain de sel.
Et dans le cas d’Il pleuvait des oiseaux, en plus d’une mise en scène sobre et retenue, dont la joliesse tranquille se déployant au gré de séquences souvent fort émouvantes est le plus bel atout, les proverbiaux grains de sel sont au nombre de trois: Rémy Girard, Gilbert Sicotte et la regrettée Andrée Lachapelle.

Andrée Lachapelle, Rémy Girard et Gilbert Sicotte en tournage pour le film, Il pleuvait des oiseaux.Photo : Radio-Canada
Des interprètes d’exception
Bien sûr, il serait facile de s’en tenir au cliché et d’énoncer qu’Il pleuvait des oiseaux réunit trois des plus grands interprètes du Québec. Ce ne serait pas faux.
Mais le film, qui prouve encore une fois la délicatesse de Louise Archambault lorsqu’il s’agit de s’intéresser aux héroïnes et héros marginaux et à la différence (comme dans Gabrielle ou Familia), leur offre surtout l’occasion de prouver hors de tout doute qu’ils et elle sont des interprètes d’exception.

Andrée Lachapelle et Gilbert Sicotte dans le film Il pleuvait des oiseaux.Photo : Les Films Outsiders
Des scènes inoubliables
Charisme, présence, subtilité, émotions suggérées plutôt qu’illustrées, nuances en toute chose… tout est là.
Mais surtout, lorsque Girard reprend du Tom Waits ou du Leonard Cohen en s’accompagnant à la guitare, ou que Sicotte et Lachapelle (Iris du meilleur acteur et Iris de la meilleure actrice) réussissent une scène d’amour d’une beauté sidérante, l’évidence vire presque à la magie. Au cinéma, cela n’arrive pas si souvent.
Il pleuvait des oiseaux, à voir sur ICI Télé le 24 avril, à 23 h 05
La bande-annonce (source: YouTube)


1 month_ago
71



























.jpg)






French (CA)