Il est de coutume dans nos cimetières de niveler les tombes après quelques décennies, c’est-à-dire d’enlever les monuments funéraires et de retourner la terre, sur une profondeur qui laisse en paix ce qui, plus bas encore, peut encore demeurer des défunts. En paix peut-être, mais désormais sans visibilité, sans trace aucune qui les relie aux vivants. En 2025, Virginie Rebetez a appris que ce processus allait s’appliquer aux sépultures, arrivées en fin de concession, de ses grands-parents à Courrendlin, dans le Jura. Elle ne pouvait se résoudre à cette disparition abrupte, elle qui ne cesse, dans son travail de photographe, de rappeler la mémoire des disparus. L’artiste a donc proposé à sa famille de participer à l’exhumation des corps de René et Simone Rebetez, le processus allant s’inscrire dans une nouvelle œuvre.
Retrouver ses morts n’est pas exceptionnel. Sans parler des messes et cultes commémoratifs et des prières invocatrices, il est des traditions où l’on rouvre les sépultures, comme le retournement des morts à Madagascar. La délicatesse de l’approche de Virginie Rebetez n’est plus à prouver. Elle a déjà exploré l’histoire familiale avec Vous trouverez mon corps au petit port (2020), une série traitant du suicide de son grand-oncle. Une œuvre est visible au Photoforum de Bienne, où elle présente aussi La Rencontre.


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