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REPORTAGE - Certains célèbrent les victoires avec des chants, d’autres avec des maillots. Pour les plus fervents supporters du PSG, les deux étoiles européennes du club de la capitale méritent mieux : une place indélébile sur leur peau.
Confortablement installé sur la table de tatouage recouverte d’une épaisse couche de film plastique, Vincent pianote frénétiquement sur son smartphone. Sur l’écran, une page du site officiel du PSG présentant le maillot «Back 2 Back» mis en vente pour célébrer la victoire du club parisien en Ligue des Champions, survenue le samedi 30 mai. «Depuis dimanche je rafraîchis la page sans arrêt pour tenter d’en acheter un, mais c’est mission impossible car il est en rupture de stock», souffle le supporter de 43 ans, qui arbore fièrement le maillot collector de la première victoire, en mai 2025. «Il me faut la deuxième étoile», ajoute-t-il avec vigueur.
En attendant de pouvoir se procurer ce précieux maillot, Vincent a décidé de porter la deuxième étoile autrement : en se la faisant tatouer sur son avant-bras, juste sous la première déjà gravée l’an dernier. «J’avais fait attention à laisser de la place en cas de futures victoires, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite», s’enthousiasme-t-il, entre les murs tapissés de cadres de stars du cinéma et de souvenirs de voyages du salon Link Art Tattoo situé dans une petite rue déserte de Lognes (Seine-et-Marne).
Ce Francilien, résidant non loin de là à Saint-Thibault-des-Vignes, avait 20 ans quand il s’est promis d’encrer le PSG dans sa chair le jour où le club gagnerait la Coupe d’Europe. Il a donc tenu sa promesse quand l’équipe de Luis Enrique a remporté le titre l’année dernière, et ne le regrette pas depuis puisqu’il a réitéré l’expérience ce 3 juin. Avec près d’une dizaine de tatouages à son actif, Vincent ne bronche pas lorsque l’aiguille parcourt sa peau.
«J’ai même de l’espace pour une troisième étoile»
Survolté par ce doublé historique, Vincent se «tâte» même à inscrire sur sa peau «Back to Back», cette expression anglaise venue du basket qui désigne deux succès consécutifs. «J’ai même de l’espace pour une troisième étoile», s’amuse le père de famille, sous le regard dubitatif de sa femme Ambre. D’âpres négociations se sont tenues dans le couple avant la réalisation de la première. «Au début je n’étais pas d’accord car je trouvais que ça faisait beauf», explique Ambre. Un petit dessin «discret» a donc été choisi : une étoile fusionnée à la Tour Eiffel, symbole du succès du club parisien.
Un petit dessin certes, mais «travaillé», tient à préciser René, son tatoueur qui a sorti pour l’occasion un maillot du PSG acheté au Japon. «Normalement l’étoile est noire, je lui ai proposé quelque chose de plus original en jouant sur les contrastes, donnant ainsi l’impression qu’il a été marqué au fer», décrit avec passion le professionnel. «C’est un logo que seuls les fans de foot reconnaissent», explique Vincent qui s’est réjoui lorsqu’un supporter allemand l’a remarqué la veille de la demi-finale (Bayern-PSG) au début du mois de mai.
Vincent est fier d’être un «passionné» du PSG et fier d’avoir ce club - qui le fait vibrer depuis ses 10 ans - «marqué au fer» dans sa peau. Ce commerçant de profession a baigné très jeune dans le foot grâce à son père, ce qui l’a motivé à pratiquer ce sport «pour le plaisir». Un engouement qu’il a ensuite transmis à ses deux fils. Vincent est «encore plus fan depuis le départ de Mbappé» du PSG pour le Real Madrid. «Je suis content d’avoir gagné sans lui», tacle-t-il. Il reproche au capitaine de l’équipe de France de «trop jouer perso». Depuis deux ans, il prend plus de plaisir à regarder le jeu «collectif» de l’équipe de Luis Enrique, cet «ancien joueur humainement incroyable», qui guide les joueurs tel un bon «père de famille».
«On est respecté»
Pour Vincent, le PSG a acquis une telle renommée et agrège désormais une telle effervescence que son tatouage ne peut être perçu négativement. «On est respecté», veut-il croire. En tant que tatoueur, René observe en effet un engouement nouveau autour du club de la capitale. «J’ai réalisé une dizaine de tatouages en lien avec le PSG depuis l’année dernière. Un homme voulait les paroles de l’hymne du club sur l’un de ses pectoraux, un autre la coupe aux grandes oreilles, j’ai aussi fait le logo du club...», détaille-t-il, tout en présentant une feuille A4 recouverte d’exemples de tatouages trouvés sur Pinterest. L’étoile de Vincent reste le motif le plus plébiscité dans son salon.
Dans cette large communauté de fans, un supporter est connu pour ses nombreux et impressionnants tatouages : Éric Bidault, abonné du PSG depuis 1977, auteur de deux livres sur le club, dont l’un qu’il a fait paraître en décembre dernier après la première étoile décrochée à Munich. Ces réalisations sont bien moins discrètes que celles de Vincent. Éric Bidault a choisi de se faire tatouer un logo griffé de son équipe fétiche ainsi qu’une coupe aux grandes oreilles et de les afficher en couverture de ses livres.
Ce supporter, très actif sur les réseaux sociaux - suivi par 1500 personnes sur Instagram - a encore fait preuve de fidélité envers son club en laissant une nouvelle empreinte indélébile dans la peau après la seconde victoire à Budapest. Il s’est fait tatouer mardi dans son salon favori à Saint-Germain-en-Laye. «On l’a tatoué à de nombreuses reprises, on lui a fait plusieurs coupes de Ligue des Champions l’été dernier», affirme l’une des tatoueuses du salon auprès du Figaro. Malgré nos messages, Éric Bidault n’a pas répondu à nos sollicitations.


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