L’incendie provoqué par un sexagénaire psychiquement instable qui se serait immolé par le feu dans un car postal mardi soir dans le village fribourgeois de Chiètres a choqué la Suisse par sa violence et ses conséquences dramatiques: six morts et cinq blessés. Le feu, qui s’est propagé extrêmement rapidement, semble avoir été déclenché au milieu du véhicule et plusieurs passagers se seraient retrouvés coincés à l’arrière sans possibilité d’accéder à l’une des deux portes de sortie. Après un tel drame, certains se surprennent dans le bus, le métro ou le train à vérifier où se trouvent les petits marteaux servant à briser les vitres en cas d’urgence, ainsi que la présence d’extincteurs. Au même titre qu’après l’incendie du Constellation à Crans-Montana, chercher du regard les sorties de secours dans les établissements publics est devenu un réflexe.
Si ces deux tragédies entrent en écho, les questions qu’elles soulèvent concernant les normes de protection incendie à respecter ne sont pas les mêmes. L’Office fédéral des transports (OFT) précise au Temps que l’incendie de Chiètres «est un cas extrême sans équivalent». «Ce drame ne peut pas être comparé aux accidents et aux risques que les dispositifs de sécurité en Suisse visent à prévenir», explique-t-il. Eric Dubouloz, expert en protection incendie AEAI (pour Association des établissements cantonaux d’assurance incendie) depuis plus de vingt ans et cofondateur de la société Ecoservices, abonde dans son sens: «On ne dimensionne pas un bâtiment en se disant qu’un avion pourrait s’y écraser. Non pas parce que cela n’arrivera jamais, mais parce que ce n’est pas le type de scénario pour lequel les normes sont conçues.» Question de proportionnalité.


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