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INTERVIEW VIDÉO - Trublion de la dernière course aux Oscars, ce long-métrage, où brille la comédienne Rose Byrne, se place à mi-chemin entre la fable kafkaïenne et le film d’horreur.
Passer la publicité Passer la publicitéC’était le dernier film, en lice aux Oscars 2026, à ne pas être accessible aux cinéphiles français. À défaut de sortir en salle, le thriller psychologique If I Had Legs I’d Kick You arrive sur la plateforme HBO Max. Il était temps, plus d’un an après ses débuts triomphants aux festivals de Sundance et de Berlin.
Psychothérapeute, Linda doit s’occuper de sa fille, qui ne peut se nourrir que par sonde gastrique et que le long-métrage maintient hors champ. Lorsque le mari de Linda, capitaine de bateau, repart en mer et qu’une inondation rend leur appartement de Montauk inhabitable, la mère de famille implose sous le poids de la charge mentale et d’insomnies répétées. Alcool, drogue, crises de nerfs face à des patients ingérables et des soignants sourds à ses appels à l’aide… Linda part en vrille et entre dans un cauchemar éveillé, à la lueur des néons et des lumières blafardes. Le sort s’acharne. Les situations sans queue ni tête se multiplient.
S’inspirant de ce qu’elle a vécu avec sa propre fille malade, la réalisatrice Mary Bronstein tisse un récit étrange, à mi-chemin entre la fable kafkaïenne et le film d’horreur. Sous les traits de Linda, Rose Byrne (Mes meilleures amies, Physical) fait son miel de l’humour noir et de l’effroi existentiel du script. Elle livre une performance féroce de femme au bout du rouleau et aux frontières du réel.
Une actrice poussée dans ses retranchements
« Mary Bronstein a conçu une œuvre radicale et âpre, traversée par un malaise diffus, où il est impossible de faire confiance aux sens de la protagoniste. Elle pousse le spectateur et ses interprètes dans leurs retranchements les plus intimes. If I Had Legs I’d Kick You montre à l’écran des choses qui ne pourraient être dites autrement tant il est difficile d’exprimer, sans éprouver de honte, la déception et le chagrin que peut causer la parentalité, dont les sollicitations permanentes nous confrontent à nos manquements et à nos limites, plaide au Figaro Rose Byrne, Linda adore sa fille mais lorsque s’ouvre le film, elle n’éprouve plus du tout la joie d’être mère. »
Et de remarquer : « Il n’y a pas besoin d’avoir des enfants pour être hanté par cet épuisement et cette culpabilité de ne pas être à la hauteur. Mes amis, qui s’occupent de leurs proches ou de parents âgés en perte d’autonomie, s’y sont aussi retrouvés » Ayant à cœur d’être « le meilleur avocat » de son héroïne défaillante, la comédienne australienne de 46 ans raconte « avoir marché sur la corde raide face à un personnage entouré d’une multitude d’écueils ». « Linda pouvait en un instant flirter avec le mélo, puis l’absurde, puis la pure comédie », souligne celle qui donne la réplique à des partenaires surprenants.
Le présentateur américain de talk-show Conan O’Brien campe, ainsi, le thérapeute superviseur de Linda. Le rappeur A$AP Rocky, compagnon de la chanteuse Rihanna à la ville, s’amuse en concierge de motel filou. Cannibalisant l’écran, Rose Byrne n’a, en tout cas, pas volé son prix d’interprétation à la Berlinale, ni sa nomination à l’Oscar de la meilleure actrice en mars dernier.


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