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Suite de notre série sur les 400 ans de la Marine nationale : nous abordons la période s’intercalant entre la débâcle de Sedan et le début de la Première Guerre mondiale.
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Par Rédaction Côté Brest Publié le 14 juin 2026 à 9h50
Il faut dire avant tout que la paix ne se traduisait pas forcément par une atonie du port militaire : ce fut au contraire à cette époque que l’on entreprit d’élargir l’arsenal et de créer les quais de Laninon. Les effectifs ouvriers oscillèrent, « au gré des décisions politiques », entre 5 850 personnes en 1872 et 8 411 en 1913.
Mais le niveau de vie restait médiocre : tuberculose, alcoolisme et mal-logement faisaient l’ordinaire de travailleurs « miséreux parmi des misérables » qui, par rapport aux ouvriers de ville, semblaient pourtant privilégiés du fait des maigres avantages dont ils bénéficiaient tels que la journée de huit heures, les douze jours de congés payés, la retraite après 25 ans de service et le droit d’être soigné à l’hôpital maritime.
Le « paradoxe brestois »
Ces conquêtes sociales avaient été le fruit d’âpres luttes syndicales, parfois menées contre l’autorité militaire elle-même : en 1904, le préfet maritime Mallarmé tenta de rappeler les travailleurs de l’arsenal à la correction vis-à-vis de leurs supérieurs, ce qui déclencha une manifestation devant la préfecture maritime et lui attira un blâme du conseil municipal ! Découragé, il passa l’éponge et son successeur, Péphau, dut faire face à l’incitation de militaires à la désobéissance par des militants syndicalistes.
Ces actes d’insoumission, représentatifs d’une période marquée par des convulsions politiques et sociales intenses, furent assez spectaculaires pour amener à parler du « paradoxe » de Brest, ville antimilitariste qui n’existerait cependant pas sans l’armée.
Benoît Quinquis
Sources : Marie-Thérèse Cloître (directrice d’ouvrage), Histoire de Brest, CRBC, 2000. Patrick Galliou, Histoire de Brest, Gisserot, 2007.
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