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Hausse des cours des produits énergétiques : faut-il dès maintenant passer aux contrats fixes pour le gaz et l'électricité ?

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L'intervention états-unienne était attendue, tant la présence de navires militaires américains s'était intensifiée dans le golfe persique ces dernières semaines. Elle a néanmoins surpris par son timing. À 7h30, samedi matin, de premières frappes touchaient Téhéran.

Un conflit armé qui pourrait avoir des conséquences jusqu'en Belgique. Avec une possibilité que les prix de l'énergie s'envolent. Ce lundi, le cours du baril de Brent s'envolait de 12,5 % à l'ouverture des bourses. Tandis que celui du gaz explosait de 50 % en cours de journée. Notamment en raison d'attaques iraniennes sur des raffineries qataries et saoudiennes.

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Ressurgit désormais le spectre de la crise énergétique de 2022. Mais tous les acteurs du secteur sont catégoriques : il ne faut pas céder à la panique. "Nous n'avons pas de boule de cristal et tout dépendra de la longueur du conflit, commente Vincent Orts, porte-parole de la Brafco. Il y a énormément de facteurs qui peuvent influer le cours du pétrole."

Si, comme l'espère le président américain Donald Trump, le conflit s'arrête après 4-5 semaines, l'impact sur le prix des carburants pourrait être limité. "Par contre, en cas de fermeture totale prolongée du détroit d'Ormuz, l'impact sur les prix pourrait être plus conséquent. Près de 20 % de la production mondiale de pétrole transite par ce détroit, dont 75 % en direction de la Chine. L'Asie pourrait devoir s'approvisionner ailleurs, ce qui ferait grimper la tension du marché."

Avec quel impact à la pompe ? "Cela dépendra aussi de ce que fait l'Opep. Depuis samedi, l'organisation a augmenté sa production journalière de 206.000 barils. Et en Belgique, le contrat-programme lisse les prix pour limiter l'impact des changements brusques du cours du pétrole sur le prix à la pompe. Pour que les prix bougent, il faut que plusieurs seuils soient dépassés. Même si les prix pourraient déjà évoluer à partir de mercredi, on n'atteindra pas les 2 euros du litre de carburant de sitôt."

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La fédération pétrolière belge Energia adopte un ton rassurant

Au sein de la fédération pétrolière belge Energia, on adopte le même discours rassurant : inutile de se précipiter à la pompe. "La grande majorité des stocks qui passent par le détroit d'Ormuz filent en Asie, confirme Jean-Benoît Schrans, porte-parole d'Energia. Certes le cours du Brent est en hausse mais le système belge permet d'atténuer les fluctuations du marché. S'il y a une hausse des prix, elle ne devrait être que minime."

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D'autant plus que, rappelle Stéphane Bocqué, de la Febeg, la matière première ne constitue que 55 % du prix payé à la pompe. "Le reste, ce sont les taxes et accises ainsi que les coûts de raffinage, de transport et de distribution. Et puis il faut voir si la hausse du cours du Brent observée ce lundi se maintient dans le temps. L'attaque a eu lieu samedi, on a eu une réaction émotionnelle. Les cours peuvent augmenter fortement et diminuer tout aussi vite si les craintes se sont dissipées."

Une pénurie aux pompes n'est pas envisagée

Par ailleurs, inutile de paniquer et de faire des stocks d'essence ou de diesel comme on a vu certains le faire ce dimanche et lundi : les stocks de l'Aseva, l'agence belge de stockage des produits énergétiques, permettraient de tennis 90 jours dès lors que plus aucun approvisionnement n'était opéré. Ce qui est loin d'être le cas. Une pénurie aux pompes n'est d'ailleurs pas envisagée.

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Idem pour le gaz, dont 45 % de l'approvisionnement belge provient des USA. "Le gaz qatari représente moins de 5 % de l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) débarqué à Zeebruges, précise Laurent Jacquet, pour la Creg. Et dans d'autres pays européens, c'est encore moins. Il n'y aura donc pas de rupture d'approvisionnement."

Néanmoins, le cours du GNL a grimpé de 50 % ce lundi sur le TTF néerlandais, cours de référence pour l'Europe. "C'est notamment dû à une poussée de l'index des prix asiatiques JKM car 80 % du gaz qatari alimente l'Asie. La Chine ou le Japon pourrait donc se tourner vers les USA, faisant monter les prix."

Tarif fixe ou variable ? Pourquoi il ne sert à rien de se précipiter

À moins que le conflit ne s'éternise et qu'on assiste à un blocage total du détroit d'Ormuz, la facture des Belges devrait augmenter sans pour autant exploser comme lors de la crise énergétique consécutive au conflit en Ukraine. "On sort des mois les plus froids, la consommation en gaz devrait diminuer. Actuellement, le prix des contrats variables est encore de 20 % moins élevé que les contrats fixes et il n'est pas sûr qu'il le dépasse dans les prochaines semaines."

La Creg conseille donc d'attendre encore l'évolution du conflit avant d'éventuellement opter pour un contrat fixe. D'autant plus que les fournisseurs n'ont pas encore intégré le récent contexte géopolitique dans leurs prix : ils le feront au 1er avril prochain. Celui qui a déjà un contrat fixe n'a pas trop intérêt à en changer. Celui qui a un contrat variable peut encore attendre l'évolution de son prix pour passer au fixe dès que celui-ci devient plus intéressant, quitte à revenir au variable une fois la situation stabilisée.

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Au niveau du mazout de chauffage, dont les prix sont plus réactifs aux fluctuations boursières, les hausses pourraient déjà être conséquentes dans les prochains jours. Mieux vaudrait donc attendre une stabilisation du conflit au Moyen-Orient avant de passer commande si c'est possible.

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