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Hausse de 18 % du taux d’absentéisme dans la fonction publique québécoise

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Le taux d’absentéisme continue d’augmenter dans les ministères et organismes du gouvernement du Québec, passant de 5,38 % (2023-2024) à 6,37 % (2025-2026), selon les plus récentes données du Secrétariat du Conseil du trésor. Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) y voit un impact des compressions budgétaires et de la surcharge de travail.

Le Secrétariat du Conseil du trésor se dit préoccupé, dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada. C’est dans cette optique que les différents MO [NDLR : ministères et organismes] ont été informés de la situation et ont été invités à assurer le déploiement d’actions adéquates […] pour diminuer le taux d’absentéisme.

À la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), le taux d’absentéisme a augmenté à 6,5 % au 31 décembre 2025 à 6,9 % au 31 mars 2026. Une situation qui survient dans un contexte de restrictions budgétaires et de retour au travail en présentiel.

Il y a des collègues qui quittent parce qu’ils ne sont plus capables.

Selon le président régional Centre-du-Québec, Estrie et Mauricie pour le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Frédérick Dagenais, la charge de travail a fortement augmenté dans les dernières années. Il y a plus de demandes à CNESST qu’avant, mais on n’a pas plus de monde, explique-t-il.

Surcharge et compressions, la cause?

Selon M. Dagenais, l’abolition des postes et la surcharge de travail expliquent le taux d’absentéisme dans plusieurs ministères, dont à la CNESST. Je n’ai aucun doute là-dessus. La surcharge de travail, c’est quelque chose qui revient constamment, tranche-t-il.

On demande de faire plus, avec moins. On voit l’effet que cela a sur les gens.

Un drapeau du SFPQ devant l'Assemblée nationale.

Le SFPQ souligne que certains de ses membres quittent parce «qu'ils ne sont plus capables». (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le Secrétariat du Conseil du trésor juge que la hausse des invalidités s’explique par un ensemble de facteurs interconnectés et ne peut être liée à un seul élément. En conférence de presse en décembre dernier, la secrétaire au Conseil du trésor, Danièle Cantin, avait laissé entendre que la hausse de l’absentéisme était attribuable en partie à l’effet télétravail et à la fatigue numérique.

Dans un sondage mené récemment par le SFPQ, auprès d’un peu moins de 4600 membres, 55 % des répondants à la CNESST affirment prendre du retard dans leur travail. 71 % soutiennent travailler à une cadence élevée et 46 % affirment ne pas pouvoir prendre leur pause. Il n’a pas été possible de prendre connaissance de la méthodologie détaillée du sondage, puisque celui-ci n’a pas encore été officiellement publié.

Au cours des dernières années, des actions ont été déployées pour optimiser les activités de la CNESST et prioriser les services offerts, tout en s’assurant de maintenir une charge de travail adéquate pour le personnel et de respecter les cibles d’effectifs.

Dans une déclaration écrite, la CNESST affirme que la santé des employés est au cœur des priorités.

Nous développons et innovons pour rendre disponibles du soutien, des mesures, des moyens de prévention et des outils à l’intention des membres du personnel visant à promouvoir la santé, ajoute l’organisation.

Une hausse de 44 % des coûts pour l’État

La hausse du taux d’absentéisme a un prix. Les coûts associés au taux d’absentéisme sont passés de 173,03 M$ en 2022-2023 à 249,98 M$ en 2025-2026, selon le Secrétariat du Conseil du trésor.

Ces dépenses, en plus de celles pour la sous-traitance, font dire à Frédérick Dagenais que les suppressions de postes des derniers mois sont des économies de bouts de chandelles.

La personne qui ne peut pas donner de prestation, il y a quand même de l’argent dépensé parce qu’il est en invalidité. Ça vient donc nécessairement amoindrir les économies, souligne M. Dagenais.

Le gouvernement du Québec prévoit abolir 3000 postes supplémentaires dans la fonction publique d’ici 2027.

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