Une étude de Harvard sur 159 000 participants suivis pendant 30 ans vient de comparer six régimes alimentaires sur leur effet à long terme pour le cerveau. Le gagnant n’est pas le régime méditerranéen — c’est le régime DASH, initialement conçu contre l’hypertension, qui réduit de 41 % le risque de déclin cognitif. Publiée dans JAMA Neurology.
Ce que vous allez apprendre
- En quoi le régime DASH diffère du régime méditerranéen — et pourquoi il surpasse tous les autres dans cette étude
- Pourquoi adopter ce régime dès la quarantaine semble particulièrement bénéfique pour le cerveau
- Ce que cette étude implique concrètement pour la prévention de la démence et d’Alzheimer
Six régimes comparés, un gagnant inattendu
Des chercheurs de Harvard ont suivi 159 347 participants pendant près de trois décennies, évaluant leur alimentation tous les quatre ans et mesurant leur santé cérébrale. Six régimes alimentaires ont été comparés : le régime méditerranéen, le régime DASH, l’alimentation à base de plantes, l’indice d’hyperinsulinémie, l’indice de santé planétaire et l’AHEI-2010.
Tous montraient des effets bénéfiques sur le cerveau. Mais le régime DASH s’est imposé avec une avance significative : ses adeptes les plus rigoureux affichaient deux fois plus de bénéfices cognitifs que ceux suivant les autres régimes.
Le régime DASH : conçu pour le cœur, efficace pour le cerveau
Le régime DASH — Dietary Approaches to Stop Hypertension — a été développé dans les années 1990 pour réduire la tension artérielle. Il privilégie les fruits, légumes, noix et baies, préconise des produits laitiers allégés et une faible consommation de sel, et limite strictement les sucres ajoutés, la viande rouge et l’alcool. Plus restrictif que le régime méditerranéen, qui autorise de faibles quantités de sucre et d’alcool.
Dans cette étude, les participants ayant le plus adhéré au régime DASH présentaient 41 % moins de risques de déclin cognitif subjectif que ceux qui en étaient le plus éloignés. À titre de comparaison, le deuxième régime le plus bénéfique — l’alimentation à base de plantes — n’offrait qu’une réduction de 24 %. Le régime méditerranéen, souvent cité en premier, se limitait à 16 %.
Sur les tests objectifs de vieillissement cognitif, les meilleurs adeptes du DASH affichaient un cerveau fonctionnellement plus jeune de 0,76 an, et une mémoire de travail plus jeune de 1,37 an que les moins bons adeptes.
La quarantaine, une fenêtre d’intervention clé
Le résultat le plus actionnable de cette étude concerne le moment optimal pour agir. Les associations protectrices du régime DASH étaient particulièrement robustes au milieu de la vie — entre 45 et 54 ans. Et certaines des mesures alimentaires ayant prédit la santé cérébrale avaient été prises jusqu’à 26 ans avant les évaluations cognitives.
Autrement dit, ce que l’on mange à 45 ans prédit la santé du cerveau à 70 ans. Plus on commence tôt, plus la protection semble durable.
Une association, pas une preuve — mais cohérente
Les auteurs rappellent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, non d’un essai clinique randomisé. Le lien n’est pas une causalité prouvée. Mais cette association revient de façon cohérente dans de nombreuses études, y compris celles sur le régime MIND — une combinaison des régimes méditerranéen et DASH — dont les adeptes présentaient au moment de leur décès des tissus cérébraux plus sains dans les zones liées à la mémoire.


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