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Guerre impérialiste contre l’Iran : pourquoi le front ethnique que iranien n’a pas craqué (The Cradle)

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Les Kurdes ont (eu) le meilleur modèle d’organisation de la société avec l’exemple pratique de la Commune du Rojava de 2011 à 2016 et ils ont loupé le coche en trahissant la (r)évolution sociale pour des gains à court terme concernant la « protection » yankee, qui n’est jamais qu’une alliance temporaire avant la trahison. Les Kurdes ne sont pas une entité homogène et même en Iran, ils diffèrent dans leur position politique… Les Kurdes ont été trahis à maintes reprises par l’Amérique, bon nombre s’en souviennent… fort heureusement.
~ Résistance 71 ~

Sous le feu et non divisé : pourquoi le front ethnique iranien n’a pas craqué

 Pemian Saleihi / The Cradle

9 mars 2026

Url de l’article original :

https://thecradle.co/articles/under-fire-not-divided-why-irans-ethnic-front-has-not-cracked

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Les guerres impliquant de grands et divers états produisent souvent une assomption familière chez les observateurs extérieurs : une pression militaire constante va éventuellement exposer des fractures internes. Depuis l’attaque judéo-américaine sur l’Iran, des attentes similaires ont circulé dans les commentaires politiques et les analyses médiatiques.

Bon nombre d’analystes ont prédit que la guerre allait activer les fractures ethniques en Iran, particulièrement dans les provinces occidentales où des communautés kurdes vivent près de la frontière irakienne et où plusieurs groupes d’opposition kurdes opèrent.

Pourtant, les développements en Iran ont jusqu’ici défié cette assomption.

Plutôt que de déclencher une pression centrifuge, les attaques sur le pays paraissent avoir renforcé un plus grand sens de cohésion nationale à travers toutes les parties du pays, incluant les régions que les analystes étrangers dépeignaient fréquemment comme vulnérables à un tumulte séparatiste.

La mauvaise lecture de la diversité iranienne

La composition ethnique de l’Iran a longtemps été interprétée au travers d’un cadre par trop mécanique. Le pays n’est pas un état-nation homogène. Il existe de larges communautés azéris, kurdes, arabes, balouches et turcmènes à travers le pays et plusieurs provinces contiennent aussi de substantielles populations sunnites.

Pourtant, la diversité en Iran ne s’est jamais traduite automatiquement en termes de séparatisme. L’appartenance ethnique et l’identité nationale s’intersectent de manières plus complexes que le suggèrent les analystes étrangers.

Les Azeris par exemple, ont longtemps été imbriqués dans le cœur politique et militaire de l’état, alors que les régions kurdes, malgré des périodes de tension, ont aussi maintenu une intégration économique et sociale  avec le système politique iranien au sens large. Même des membres au plus haut niveau du leadership iranien, incluant le nouvellement élu Suprême Leader Mojtaba Khamenei, viennent de famille ayant des racines azeri.

Cette superposition, intersection d’identités complique le narratif qui veuille que la différence ethnique seule constitue une faiblesse structurelle.

Quoi qu’il en soit, la focalisation de l’Iran sur l’ouest kurde durant la guerre actuelle reflète une longue croyance parmi les législateurs que les divisions ethniques peuvent être activées pendant des moments de crise. D’après des infos cités par le Wall Street Journal (NdT : WSJ, une voix de la CIA avec le New York Times…), tirant d’analyses de l’organisation d’observation des conflits ACLED, disant qu’environ 20% des frappes judéo-américaines en Iran au début de leur attaque se concentraient dans les provinces à majorité kurdes dans l’ouest du pays.

Le même rapport notait que plusieurs sites ciblés incluaient des postes de police, des postes de garde-frontière et l’infrastructure régionale de sécurité. En pratique, ce schéma suggère que les planificateurs militaires croyaient que mettre la pression sur ces zones pourrait générer non seulement un mauvais fonctionnement sécuritaire, mais aussi une fragmentation politique.

Militantisme sans traction de masse

Des rapports au sujet des mouvements d’opposition kurdes renforcèrent cette attente. Une note d’Associated Press (AP) a dit que plusieurs groupes iraniens kurdes dissidents basés au Kurdistan irakien avaient indiqué qu’ils préparaient de possibles opérations si le conflit s’étendait.

Dans le même temps, des rapports d’Erbil décrivaient comment des frappes iraniennes ciblaient les camps de l’opposition kurde en exil dans le nord de l’Irak.

Des officiels iraniens ont averti que toute tentative par des factions séparatistes d’exploiter la guerre serait l’objet d’une riposte décisive. Les autorités fédérales irakiennes et officiels du Gouvernement Régional du Kurdistan ont aussi insisté sur le fait que le territoire irakien ne pouvait pas devenir une base de lancement d’attaques contre ses voisins.

Les acteurs régionaux comprennent parfaitement les enjeux. Une frontière déstabilisée pourrait rapidement tirer des états voisins dans une confrontation plus large.

Même le ministère de la défense turc a reconnu publiquement qu’il observait de près les développements impliquant le parti du PJAK et autres organisations kurdes militantes et a averti que toute escalade d’activité séparatiste pourrait menacer la stabilité régionale au sens large.

Ces déclarations montrent à quel point de multiples gouvernements ont traité la possibilité que le conflit puisse déclencher des remous à travers les frontières occidentales iraniennes.

Pourtant, la présence de groupes armés ne se traduit pas automatiquement en une ouverture viable insurrectionnelle.

L’erreur d’analyse se situe dans la confusion entre l’existence organisationnelle et la traction politique. Des groupes comme le PJAK, Komala et le Parti de la Liberté du Kurdistan existent et certains ont tenté de réorganiser leurs réseaux pendant ces périodes de tensions régionales.

Mais la base sociale requise pour un soulèvement soutenu en Iran est tout autre chose. La société kurde iranienne est politiquement très diverse. Elle inclut des nationalistes, des réformistes, des mouvements religieux, des activistes gauchistes et des communautés qui sont critiques du gouvernement central mais qui se garde de stratégies militantes car soutenues par des puissances étrangères. Des organisations armées peuvent exploiter l’instabilité. Mais elles ne peuvent pas fabriquer une large légitimité sociale.

Guerre, mémoire et cohésion nationale

La pression militaire étrangère a aussi altéré l’environnement politique de façons que bien des observateurs extérieurs ont sous-estimées. L’Iran est entré dans la guerre en étant dans une dureté économique liée aux sanctions, à l’inflation et à des manifestations antérieures. (NdT : qui ont visé à un changement de régime piloté de l’extérieur, mais ont là encore échoué.)

Mais les attaques militaires extérieures ont tendance à refaçonner la relation entre l’état et la société. Même les citoyens qui critiquent le gouvernement distinguent souvent entre les disputes de politique intérieure et l’intervention étrangère.

L’attaque américaine sur une école de filles dans le sud de l’Iran, dans la ville de Minab, est devenue un symbole très puissant de ce contexte. AP a rapporté que la frappe sur l’école a déclenché une condamnation et des appels à enquêter sur de plus que possibles violations du droit international humanitaire. Des photos des écolières assassinées pendant le bombardement ont très rapidement circulé dans les réseaux sociaux iraniens.

Quel que spit le narratif dicté par Washington concernant l’affaiblissement de l’état iranien, la perception que les civils, surtout les enfants, sont devenus les victimes du conflit a dramatiquement fait glisser le ton émotionnel de la guerre en Iran.

Quand la guerre est internationalement cadrée comme une pression sur un gouvernement mais expérimentée, vécue localement comme une extrême violence contre la société, les réactions politiques changent très rapidement.

Plutôt que de générer un soutien pour une intervention extérieure, de tels incidents renforcent la solidarité nationale.

En Iran, cette réaction a été façonnée par la mémoire historique et les narratifs culturels. La guerre de huit ans Irak-Iran de 1980 à 1988 (NdT : qui rappelons-le fut une attaque de l’Irak sur l’Iran par Saddam Hussein, mis en place par la CIA et sur commande yankee, ce fut une fois de plus une guerre d’agression contre l’Iran, cette fois là par procuration…), demeure un des souvenirs collectifs les plus actifs du pays et de sa culture politique moderne.

Durant ce conflit, des volontaires de toutes les diverses ethnies et communautés religieuses se mobilisèrent pour défendre le pays contre ce qui fut largement perçu come une agression étrangère (NdT : par procuration…)

Cet héritage continue d’influencer comment beaucoup d’Iraniens interprètent la pression militaire extérieure aujourd’hui. Le symbolisme culturel joue aussi un rôle. Dans la tradition historique chiite, l’histoire de l’Imam Hussein se levant entre l’injustice à la bataille de Karbala demeure un point de référence moral très très puissant. Bien qu’enraciné dans l’histoire religieuse, le narratif a depuis longtemps été intégré dans un langage politique plus large de sacrifice, de résistance et d’endurance.

Les officials iraniens ont cadré le conflit actuel en termes similaires.

Ali Larijani, le secrétaire à la sécurité nationale iranien a récemment averti l’opposition kurde de ne pas traiter cette guerre comme une opportunité de poursuivre des ambitions séparatistes.

Il a suggéré que des projets visant à fragmenter l’Iran, particulièrement des idées au sujet du détachement des régions kurdes du pays, se sont effondrées devant les réalités de terrain du conflit en cours.

Les limites des stratégies de fragmentation

Tout ceci ne veut pas dire que le danger d’émeutes ou rébellion ait disparu.

Les organisations militaires kurdes demeurent actives de l’autre côté de la frontière (en Irak), des acteurs exogènes pourraient bien les voir comme des instruments potentiels de pression. Une guerre prolongée pourrait refaçonner la dynamique locale de façon imprévisible. Mais la phase d’ouverture du conflit a déjà démontré les limites des stratégies construites sur la seule diversité ethnique pouvant fracturer l’état iranien.

Au contraire, une dynamique opposée pourrait bien prévaloir.

La pression militaire externe a temporairement renforcé la perception d’un cadre national partagé au travers des différentes communautés iraniennes. La première semaine de la guerre a montré comment la sociologie politique de l’Iran est toujours bien mal comprise par bien des analystes étrangers.

Un pays peut bien être très divers ethniquement sans être pour autant politiquement fragile de la façon dont des étrangers pourraient l’imaginer. Les disputes et doléances locales ne se traduisent pas automatiquement en révolte séparatiste et les organisations militantes ne représentent pas forcément une volonté politique des communautés qu’elles affirment représenter et défendre.

Dans les premiers jours de guerre, la concentration de frappes dans l’ouest de l’Iran est apparu plutôt tester si le pays pouvait être fracturé le long de ses coutures ethniques.

Jusqu’ici, le résultat a été le contraire. La pression intentée d’activer les pressions internes de l’Iran, ont en fait renforcé le cadre national plus large que beaucoup d’observateurs s’attendaient à voir se fracturer sous une attaque extérieure soutenue.

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Lire notre dossier “Guerre impérialiste contre l’Iran”

Guerre d’agression imperialiste judeo-americaine contre l’Iran – premiere semaine, premier bilan

Guerre contre l’Iran 2eme semaine, 2eme bilan

This entry was posted on 18 mars 2026 at 3:43 and is filed under actualité, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, sionisme colonialisme génocidaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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