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Guerre en Iran : N’en déplaise à Trump, sa guerre en Iran risque de se heurter à une limite très concrète

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Donald Trump assure pouvoir poursuivre ses opérations en Iran aussi longtemps que nécessaire, mais les munitions, notamment de défense aérienne, pourraient rapidement manquer.

Le président américain Donald Trump fait un geste alors qu’il monte à bord d’Air Force One avant de quitter l’aéroport international de Palm Beach à West Palm Beach, en Floride, le 1er mars 2026, pour retourner à Washington, DC.

MANDEL NGAN / AFP

Le président américain Donald Trump fait un geste alors qu’il monte à bord d’Air Force One avant de quitter l’aéroport international de Palm Beach à West Palm Beach, en Floride, le 1er mars 2026, pour retourner à Washington, DC.

Quelques heures après avoir mené une attaque historique sur l’Iran, ce samedi, Donald Trump a affirmé sur son réseau social que les bombardements se poursuivront « aussi longtemps que nécessaire ». Le président américain a de nouveau tenu ce discours, ce lundi 2 mars, lors de sa première conférence de presse depuis ces frappes.

Il a déclaré que l’opération militaire en Iran est « nettement en avance » sur le calendrier prévu, et ajouté que les États-Unis ont les capacités pour un conflit durant « bien plus longtemps » que 4 ou 5 semaines. « Quel que soit le délai, ce n’est pas grave, quoi qu’il en coûte, nous y arriverons toujours », a affirmé le président américain depuis la Maison Blanche.

Il est vrai que l’opération américaino-israélienne est d’envergure. À ce stade, les États-Unis ont frappé plus de 1 250 cibles dans les premières 48 heures du conflit. N’en déplaise à Donald Trump, la perspective qu’une telle opération ne dure dans le temps se heurte à une limite bien concrète : celle du stock de munition américain présent sur place.

Deux responsables militaires américains ont ainsi indiqué au New York Times que, malgré le renforcement militaire de l’administration dans la région, le Pentagone ne dispose ni des forces ni des munitions nécessaires à une campagne de bombardements prolongée. Plus encore, selon l’un d’eux, les forces américaines déployées dans la région pourraient poursuivre leurs frappes pendant sept à dix jours environ.

« Une guerre du temps et des stocks »

« Cette guerre est une guerre du temps et des stocks. La question est : à quel rythme les stocks des uns et des autres vont s’épuiser ? », a résumé auprès de France Info ce lundi le Général Olivier Kempf, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique. « Il y a quelques milliers de drones en stock chez les Iraniens, et environ une dizaine de milliers de missiles. Ils ont tiré pour l’instant 400 à 500 missiles, donc il leur en reste encore en stock », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que « du côté des Américains et des Israéliens, la question est d’abord celle des défenses aériennes, et là les munitions risquent de s’épuiser assez rapidement ».

Une analyse partagée par le Wall Street Journal, qui souligne que l’enjeu est d’une part d’avoir assez de munitions pour attaquer, mais surtout de pouvoir se défendre des ripostes iraniennes. « Aujourd’hui, les stocks de munitions américaines sont mis à rude épreuve, alors que les États-Unis s’empressent de détruire les missiles et les drones iraniens avant d’être à court d’intercepteurs pour repousser les représailles de Téhéran, selon des responsables et des analystes actuels et anciens » «, écrit ainsi le quotidien américain.

La défense aérienne américaine, un enjeu clé

Au Moyen-Orient, les États-Unis disposent de plusieurs moyens de défense aérienne. Pour commencer, à terre, ils peuvent compter sur le système antimissile Terminal High Altitude Area Defense (THAAD) et sur les batteries MIM-104 Patriot. Le THAAD est conçu pour intercepter des missiles balistiques lorsqu’ils redescendent vers leur cible, à très haute altitude. Il a été déployé en 2024 en Israël, dans un contexte de fortes tensions avec l’Iran.

Les Patriot, eux, agissent plus bas dans le ciel. Ces batteries mobiles, montées sur camions, sont capables de viser des menaces volant à basse ou moyenne altitude : missiles, drones ou avions. Concrètement, le THAAD et les Patriot fonctionnent comme deux étages d’un même bouclier : l’un frappe haut et loin, l’autre protège plus près du sol. L’un des enjeux majeurs pour le Pentagone est aujourd’hui de maintenir des stocks suffisants de missiles intercepteurs, car ces systèmes sont sollicités face aux attaques de drones et de missiles dans la région.

Mais les moyens de défense aérienne ne sont pas les seules munitions qui pourraient rapidement manquer aux États-Unis. Les missiles de croisière Tomahawk et les armes lancées depuis des avions contre des cibles iraniennes pourront également rapidement s’épuiser note le Wall Street Journal. Bien entendu, l’armée israélienne apporte sa part dans cette opération militaire, mais elle vient à manquer notamment de missiles balistiques, déjà mobilisés pour neutraliser les missiles iraniens l’été ainsi que pour tuer les dirigeants du Hamas.

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