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Les grands employeurs de la Côte-Nord doivent être sur leurs gardes en raison de la guerre en Iran, selon un expert en cybersécurité. L'industrie tient pour sa part à nuancer les risques, tout en assurant avoir tiré des leçons de piratages survenus dans le passé.
En effet, le consultant en cybersécurité Steeve Waterhouse rappelle que l'aluminerie Alouette a été la victime d'une attaque informatique russe en 2022. Selon l’analyste, des acteurs, iraniens cette fois, pourraient vouloir viser l'industrie de la Côte-Nord, notamment en raison de ses liens avec le monde militaire.
M. Waterhouse estime toutefois que l’incident a été un moment d’apprentissage. L’industrie connaît mieux la menace informatique aujourd’hui; elle forme son personnel en conséquence et a acquis les outils nécessaires pour y faire face.
Cette expérience-là a permis de prendre la mesure du risque, confirme Jean Simard, le PDG de l’Association de l’aluminium du Canada. On est certainement beaucoup mieux équipés aujourd’hui pour faire face à ce risque, si risque il y avait.
Le directeur général de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN) reconnaît pour sa part qu'il reste du travail à faire en matière de cybersécurité. Ce qui tend à prendre de plus en plus d'importance, et avec lequel on n'est pas encore très familier dans notre industrie, c’est ce qui arrive une fois que l'attaque a eu lieu, affirme-t-il.

Alexandre Striganuk, le PDG de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
On s’est rendu compte qu'on est fort en sécurité, mais que s’il arrive quelque chose, il faut aussi avoir un plan de contingence. C'est là-dessus qu'on travaille de façon assez intensive en ce moment.
Le professeur de stratégie à la faculté des sciences de l'administration à l'Université Laval, Yan Cimon, tient toutefois à nuancer les risques auxquels font face les compagnies canadiennes. Selon lui, les pirates répondent d’abord et avant tout à des incitatifs financiers, et le Canada n’est pas directement impliqué dans le conflit.
Généralement, il faut qu'il y ait un profit ou un gain à la clé. Dans ce cas-ci, le Canada est resté assez prudent dans la guerre en Iran, et donc on ne peut pas associer d'incidents de cybersécurité clairement à ce qui se passe en Iran jusqu’ici, affirme-t-il.
L'aluminerie Alouette a envoyé une note interne à ses employés récemment pour faire le point sur les perturbations dans son secteur d'activités liées à la guerre en Iran. L'entreprise a saisi l'occasion pour leur rappeler les bonnes pratiques en matière de cybersécurité.


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