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Guerre en Iran: l'armée américaine arrive-t-elle à court de munitions?

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Les États-Unis n'ont plus bombardé l'Iran depuis le vendredi 24 juillet. Une trêve informelle de quelques jours après deux semaines de violations continues du cessez-le-feu. Si le président américain Donald Trump affirme donner une nouvelle chance aux négociations, le New York Times relate que l'amenuisement des stocks de missiles motive aussi cette pause des frappes américaines. La Maison Blanche ne s'est pas attardée sur son vaste recours à des armes chères et sophistiquées lors des quarante jours de l'opération dite «Epic Fury», ainsi qu'au gré de frappes régulières initiées malgré la trêve.

Jusqu'ici, le gouvernement affirme que l'opération lui a coûté 37,5 milliards de dollars (33 milliards d'euros). La majorité de ce montant est partie dans la production de munitions. Le président américain nie toute pénurie. C'est un sujet sensible pour son administration. En juin, interrogé sur le sujet, le secrétaire à la défense Pete Hegseth démentait toujours. Il semblait avoir changé d'avis le 21 juillet, lorsqu'il a demandé au Sénat 87 milliards de dollars supplémentaires (77 milliards d'euros) pour combler des déficits critiques en matière d'équipement.

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Le nombre exact de munitions utilisées contre l'Iran reste secret défense, tout comme les stocks restants. Mais les données publiques compilées par le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), basé à Washington, peignent un tableau peu flatteur pour l'armée américaine. Le stock serait bien entamé et très difficile à reconstituer. «Ça dépend du type de munition, mais il faut compter entre un à cinq ans pour fabriquer un seul missile, explique à la BBC Mark Cancian, conseiller au CSIS sur ce sujet. Et il n'y a rien à faire pour accélérer le processus.»

Jusqu'à deux tiers du stock épuisés 

Les munitions qui servent dans la guerre en Iran se divisent en deux catégories. D'un côté, l'armée américaine compte sur ses systèmes longue portée d'attaque au sol, comme le missile de croisière Tomahawk. Le CSIS estime que plus de 1.000 têtes ont été lancées contre les cibles retranchées en Iran. Le stock originel de 3.000 missiles ne se régénérera pas avant 2031.

Les défenses antiaériennes sont, elles, utilisées pour intercepter les attaques iraniennes. Le Patriot, un missile sol-air, abat par exemple aussi bien les avions que les missiles. Selon les estimations du CSIS, près de 1.430 Patriots ont été utilisés pendant la guerre, sur un total de 2.330. Ces systèmes sont coûteux à remplacer. Autre technologie antiaérienne: le très sophistiqué Terminal High Altitude Area Defense, aussi appelé THAAD, est, lui, doté d'une meilleure portée. Toujours selon le CSIS, entre 190 et 290 unités de ce modèle ont quitté le stock qui comptait 360 missiles au début du conflit.

Un «épuisement des ressources» pour l'Ukraine

Mark Cancian voit dans cet amenuisement des stocks une «fenêtre de vulnérabilité» pour les États-Unis «qui ne disposent plus du nombre idéal de missiles dont ils auraient besoin» pour un conflit dans le Pacifique, notamment autour de Taïwan. La Chine, tout comme la Russie et la Corée du Nord, regardent avec attention ces équipements ultra-rares et chers partir en fumée dans les guerres menées par Donald Trump. En parallèle, Pékin investit massivement dans la tactique des drones en essaim.

Cette fenêtre de vulnérabilité inquiète aussi les alliés européens. «En plus de la hausse des prix de l'énergie, la guerre contre l'Iran cause un épuisement des ressources américaines et la pénurie de matériel de défense aérienne, rapportait le président ukrainien Volodymyr Zelensky en mars dernier. L'Ukraine subit une pénurie de ressources.» Le président ukrainien n'ignore pas les mathématiques. Si les États-Unis produisent 800 Patriots par an et qu'ils en utilisent 803 le premier jour de la guerre, il n'en restera pas pour l'Ukraine. Peut-être la raison qui a poussé Donald Trump, à la surprise de nombreux dirigeants européens, à autoriser Kiev à produire des missiles Patriot sur son sol.

Au sein de l'état-major américain, l'amenuisement des stocks de missiles n'inquiète toutefois pas plus que ça. D'une part, l'Iran fait face à une pénurie encore plus sévère. De l'autre, certains considèrent la flambée de missiles comme une bonne chose. «Les armes créent un effet dissuasif, non seulement parce que les nations en possèdent, mais aussi quand on montre notre capacité à les utiliser et les succès obtenus», assure Jacob Olidort, vétéran de la CIA et membre du groupe de réflexion conservateur America First Policy Institute.

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