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La Banque mondiale s’attend à la croissance la plus basse depuis le Covid, voire, si le conflit ne s’apaise pas, à une hausse du PIB de la planète limitée à 1,3%.
Les prévisions se suivent et se ressemblent, toujours plus sombres pour l’économie mondiale. Le conflit au Moyen-Orient devrait porter la croissance de la planète à son plus bas niveau depuis le début de la pandémie de Covid 19, prévoit le dernier rapport Global Economic Prospects de la Banque mondiale. La croissance du PIB de la planète, qui s’élevait à 2,9% en 2025, devrait ralentir à 2,5 % cette année.
La guerre en Iran génère des prix de l’énergie, une inflation et des coûts d’emprunt plus élevés. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, et si « les pires perturbations s’atténuent en juillet », les cours du Brent devraient s’élever en moyenne à 94 dollars le baril cette année, soit un prix supérieur de 36 % aux niveaux de 2025. Les tarifs des engrais, des produits dérivés du pétrole, devraient bondir, avec des effets en cascade sur les prix des aliments. « Ensemble, ces pressions font grimper l’inflation mondiale, qui devrait atteindre 4,0 % cette année, en nette hausse par rapport à 3,3 % en 2025 », indique le rapport.
L’inflation pourrait même s’élever à 4,4% en 2026
La situation pourrait se gâter davantage. Si les perturbations de l’approvisionnement énergétique «s’avèrent plus graves que prévu et s’accompagnent d’un stress financier important », l’inflation montera à 4,4 % et la croissance mondiale pourrait chuter à seulement 1,3 % en 2026.
L’Afrique subsaharienne souffrira particulièrement, touchée par la hausse des prix alimentaires due aux pénuries d’engrais. Mais, ce sont les économies du Golfe directement affectées par le conflit, qui encaisseront le pire coup, leur croissance chutant de 3,9 % en 2025 à quasiment zéro.
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Alors que les prévisions de croissance de deux tiers des économies ont été revues à la baisse depuis janvier, celle des pays en développement devrait chuter à 3,6 % cette année (contre 4,4 % en 2025) puis revenir à 4,2 % en 2027. Pour les économies du Golfe, la croissance rebondira à environ 5 % en 2027-28, avec la reprise du commerce et le lancement des reconstructions.
Parallèlement, au niveau mondial, l’activité se raffermira avec la reprise de l’approvisionnement énergétique et de l’assouplissement monétaire et le renforcement des échanges commerciaux. La croissance mondiale devrait remonter donc à 2,8 % en 2027.
« Une décennie perdue »
Au-delà de la guerre en cours, la banque s’inquiète de la « décennie perdue» pour des dizaines de pays en développement. Près d’un sur deux « n’a pas réussi, depuis 2019, à progresser vers la promesse la plus élémentaire du développement : réduire l’écart de revenus avec les économies les plus prospères du monde ». À la fin de l’année, un quart des économies en développement seront moins riches qu’en 2019, avant le Covid. Et 19 pays dépendent toujours de l’aide étrangère pour leur approvisionnement alimentaire, alors que le monde a rarement été aussi peu disposé qu’aujourd’hui à faire preuve de générosité, déplore le rapport.
Depuis 2010, la dette publique globale dans les économies en développement est passée de moins de 40 % du PIB à plus de 70 %. Or, plus un pays est déjà endetté, plus les coûts d’emprunt de la dette supplémentaire bondissent, ajoute Indermit Gill, chef économiste de la Banque mondiale.
L’IA pour doper la productivité
Trois pistes de progrès se dessinent toutefois. L’adoption rapide de l’intelligence artificielle (IA) pourrait « faire grimper les taux de productivité mondiaux au-delà de la maigre moyenne des années 2020 ». Si elle est bien gérée et si elle n’accroît pas l’écart entre pays riches et pauvres, elle pourrait inaugurer dans les années 2030 « la décennie la plus prospère au monde depuis les années 1970 ».
La sécurité énergétique est une autre piste, l’énergie propre étant désormais autant un impératif de sécurité nationale qu’une priorité pour le développement mondial. Cette convergence pourrait accélérer la croissance économique dans les pays en développement, en créant des emplois et en élargissant l’accès à une énergie abordable. Enfin, le commerce régional, en plein essor avec un bond des accords régionaux, «rapproche les économies en développement les unes des autres et apporte de la prévisibilité grâce à des règles claires en matière d’investissement, de normes et de services», veulent croire les auteurs du rapport.


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