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Par Le Figaro avec AFP
Le 2 mars 2026 à 18h56

«Une vingtaine» de dépouilles de personnes indigentes ont été extraites mardi d’une société de pompes funèbres, au Gosier et à Sainte-Anne. Au CHU des Abymes, 31 autres corps (22 enfants, 7 hommes et 2 femmes), décédés de 2017 à 2025, sont toujours en attente d’inhumation.
Passer la publicité Passer la publicitéEn Guadeloupe, les forces de l'ordre ont sorti «une vingtaine» de dépouilles d'une société de pompes funèbres, au Gosier et à Sainte-Anne mardi 24 février à l’issue d’une importante opération de police et de gendarmerie, a appris l’AFP, confirmant des informations de Guadeloupe la1re. Selon cette même source, une enquête a été ouverte. Le même jour, la préfecture de Guadeloupe a publié un arrêté autorisant la crémation de 31 autres «dépouilles mortelles» parmi lesquelles 22 enfants non réclamées, parfois depuis 2017, et conservées au CHU.
Une source proche de l'enquête confirme que «des investigations» sont en cours. Lors de l'intervention de la gendarmerie, mardi, dans des chambres mortuaires d'une société de pompes funèbres, une «vingtaine» de corps au total ont été saisis et déplacés vers d'autres entreprises de pompes funèbres, selon la même source, «afin de les mettre dans de bonnes conditions de conservation».
Trois jours après la saisie des corps, l'AFP a constaté, sur place, au Gosier, une forte odeur de décomposition. Par ailleurs, au CHU de la Guadeloupe, situé aux Abymes, 31 autres corps (22 enfants, sept hommes et deux femmes), décédés de 2017 à 2025, sont toujours en attente d'inhumation. Dans un arrêté publié le 24 février, la préfecture indique avoir été «alertée» le «31 octobre 2025, par la directrice générale adjointe [du CHU] sur les conditions de conservation de certains corps de personnes indigentes».
La dépouille la plus ancienne date de 2017
Face à l'«absence de délivrance d'autorisation d'inhumer de la part de la mairie des Abymes (...) faute de place» dans son cimetière, la préfecture autorise la commune à procéder à la crémation de ces «31 dépouilles mortelles reposant dans la chambre froide mortuaire du Centre Hospitalier Universitaire de Guadeloupe», au-delà du délai légal de 14 jours. Selon l'arrêté préfectoral, la dépouille la plus ancienne est celle d'un petit garçon décédé en 2017. Les autres enfants sont décédés de 2020 à 2025.
Dans un communiqué diffusé vendredi soir, le CHU de la Guadeloupe évoque des «solutions temporaires de conservation», afin «d'éviter toute atteinte à la dignité humaine et toute saturation de ses capacités mortuaires». Le CHU explique aussi avoir engagé «la saisine des collectivités territoriales et judiciaires concernées» et un «conventionnement avec des sociétés de pompes funèbres». La commune des Abymes n'a pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.


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