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Une centaine de logements devrait voir le jour dans le quartier de Janval à Dieppe. Mais des habitants ont saisi le tribunal administratif de Rouen. L'affaire est jugée fin mai.
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Par Maxime Cartier Publié le 23 mai 2026 à 18h00
Les habitants vont-ils obtenir gain de cause ou non ? La Ville de Dieppe (Seine-Maritime), les bailleurs sociaux Logeo Seine et Logeal Immobilière et les habitants de la rue Fromager devraient bientôt être fixés. Le jeudi 28 mai 2026, le tribunal administratif de Rouen va devoir statuer sur la construction d’une centaine de logements, dans le quartier de Janval.
Pour rappel, les deux bailleurs prévoient d’investir l’ancienne ferme du quartier pour permettre à de nombreuses personnes de se loger. Un projet qui s’inscrit pleinement dans le cadre du grand chantier de l’EPR2, mais qui fait toutefois des mécontents.
Défendre le patrimoine
Ces mécontents, ce sont des habitants de la rue Louis-Fromager. Ils ont dans un premier temps déposé un recours gracieux auprès de la mairie en avril 2025, c’est-à-dire qu’ils ont contesté la décision de la collectivité, à savoir, autoriser un permis de construire pour ce projet. Sans réponse de la collectivité, ils ont fini par saisir le tribunal administratif.
Lors de l’audience, les habitants seront bien entendu présents, avec un avocat d’Urgences patrimoine, « pour défendre le patrimoine, même humble, de notre quartier, y compris le périmètre autour de l’église, inscrite aux Monuments Historiques, rappelle Richard Kobylarz, l’un des habitants. La densité excessive du projet nous a également alertés, risquant de générer embouteillages dangereux et frictions de voisinage ».
Parmi les autres points soulignés, Richard Kobylarz et les habitants souhaitent un respect des hauteurs de construction pour s’inscrire dans l’environnement pavillonnaire ; respecter les critères environnementaux actuels ; mettre en pratique « les principes affichés par la mairie : concertation, démocratie participative qui ont été ignorés à notre égard et éviter de caricaturer nos positions : nous sommes partisans d’un habitat favorisant une réelle mixité sociale et non des ghettos générant à terme des conflits et de l’exclusion ».
Une association lancée
Souvenez-vous, il y a plusieurs mois, plusieurs habitants ont constitué un collectif pour s’opposer à ce projet immobilier. Ils ont expliqué être conscients du besoin de logements dans Dieppe mais selon eux, le projet est à revoir
Le collectif, transformé depuis en association, aimerait aussi préserver l’ancienne ferme et l’étable, deux éléments du patrimoine qu’ils jugent encore en bon état. Ce qui a été démenti par la Ville et les bailleurs. Enfin, le collectif souhaite conserver cet espace naturel qu’il considère comme « l’un des derniers poumons verts de la ville ».
« Des citoyens curieux, combattifs »
À plusieurs reprises, l’association a tenté d’échanger avec la municipalité, en vain. Elle a indiqué dans nos colonnes il y a quelques mois se faire « balader à travers les différents services et ne pas être écoutée ». Les habitants avaient aussi souhaité être associés aux décisions concernant ce projet immobilier.
Reste à savoir quelle décision prendra le tribunal. « L’annulation serait bien sûr une très bonne nouvelle, mais la révision serait au moins une chance de renouer une forme de dialogue et de co-construction avec des décideurs trop peu enclins à cet exercice… », indique Richard Kobylarz, avant de conclure : « Quelle que soit l’issue, nous aurons été des citoyens curieux, combatifs et capables de défendre le bien commun avec des outils démocratiques. »
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