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Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Francis Verreault-Paul, anticipe une année à venir marquée par d'importants dossiers politiques. Néanmoins, il se dit préoccupé devant plusieurs initiatives gouvernementales menées tant par Québec que par Ottawa.
Ça va être une année extrêmement chargée au niveau politique. Il y a plusieurs dossiers majeurs, autant [sur le plan] régional, provincial qu’à l’international. Avec ce qui se passe actuellement au niveau géopolitique à l’international, [...] même si pour le moment ça semble être loin, je pense que ça peut avoir des impacts considérables sur certaines politiques, lance-t-il d’entrée de jeu en entrevue à l’émission radiophonique Place publique.
Les oubliés du Corridor du Nord
Le Corridor du Nord canadien est un projet visant l'acheminement de minéraux stratégiques, provenant de l'Ontario et du Québec, vers Port Saguenay. Ces minerais seraient transportés par train, empruntant un trajet passant par l'Ontario, puis traversant l'Abitibi-Témiscamingue et le nord du Lac-Saint-Jean.
Les Premières Nations déplorent avoir été tenues à l'écart des discussions dès les premières manifestations d'intérêt de la part des gouvernements. Francis Verreault-Paul, originaire de Mashteuiatsh, dénonce notamment l'absence de consultations formelles sur le projet avec les Premières Nations.

S'il se concrétise, le projet du Corridor du Nord canadien se terminera au port de Saguenay. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais
Je pense que c'est important que, dès le départ, les Premières Nations soient impliquées pour qu'on puisse avoir ces discussions riches et qu'on puisse échanger sur les différents enjeux , fait-il savoir.
Encore une fois, les Premières Nations, on n'était pas dans l'équation de façon formelle.
Pour que le corridor se concrétise, une voie ferrée de 160 kilomètres devra être rétablie entre Lebel-sur-Quévillon et la municipalité de Chapais.
À ce moment-ci, ce type de projet appartient aux Premières Nations elle-même. Dans le cas du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est du côté innu. Je pense qu'il y a une ouverture, mais il y a encore beaucoup de choses à faire évoluer dans ce projet-là.
Des lois pour accélérer les grands projets
Au cours des dernières sessions parlementaires, Ottawa et Québec ont fait avancer des lois visant à accélérer la création de projets d’intérêt national.
Au fédéral, la loi C-5, sur l'unité de l'économie canadienne, permet au gouvernement d'accélérer le lancement des projets d'infrastructure.
Pour sa part, le palier provincial a présenté la loi Q-5 qui permettrait à Québec d’accélérer l'octroi des autorisations pour les grands projets stratégiques. Le dossier mené par le ministre des Finances, Eric Girard, n’a pas encore été voté en chambre.
Ces deux lois permettraient aux gouvernements de contourner des lois environnementales pour accélérer la livraison des projets d’intérêt national. Néanmoins, le chef de l'APNQL exprime des préoccupations quant à l'étendue des législations mises de l'avant par les deux paliers gouvernementaux.
Ça nous préoccupe définitivement parce que dans cet écosystème, c’est important de toujours rester aux aguets. [...] Lorsqu’on prend ce type de décision-là, il y a le moment présent et le moment futur également qu’on doit toujours considérer. Et les gestes qu’on prend aujourd’hui auront des impacts sur les prochaines générations, évoque Francis Verreault-Paul.
Bâtir un partenariat durable avec la société québécoise
Alors que la menace d'un référendum sur la souveraineté plane sur le Québec en vue des prochaines élections provinciales en octobre, un sentiment similaire de dissolution du Canada s'est manifesté dans l'Ouest, notamment en Alberta.
L’Alberta a mentionné qu’elle s’est inspirée du Québec, dans les derniers temps, pour mettre en place des lois dans sa province. Je trouve ça quand même assez spécial d’entendre ça de l’Alberta. Ça prouve que le gouvernement de la CAQ pousse quand même assez loin les limites législatives sur certains aspects, s’inquiète-t-il.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, à l'Assemblée nationale, à Québec, le jeudi 28 août 2025. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / FRANCIS VACHON
Francis Verreault-Paul est d'avis que si un référendum sur la souveraineté du Québec devait avoir lieu, il serait nécessaire d'établir une relation avec le Parti québécois (PQ) afin d'assurer l'inclusion des Premières Nations dans les discussions. D’ailleurs, dans les prochains jours, une rencontre avec le chef du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon, est prévue pour discuter de la question.
Toujours est-il que le chef de l’APNQL est catégorique devant la constitution québécoise proposée par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.
Les Premières Nations, on est totalement écarté.
Il voit cette approche comme un recul des droits ancestraux.
Le fait de dire qu'il y a un seul peuple au Québec, c'est de nier le fait qu'il y ait aussi les peuples autochtones qui sont présents, ajoute Francis Verreault-Paul.
En 2026, Francis Verreault-Paul souhaite continuer de construire ses relations avec l'ensemble de la société. Il y a beaucoup de défis, il y a beaucoup de dossiers majeurs qui sont sur la table, mais c'est important de rester positif pour la suite des choses, conclut-il.


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