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La firme étrangère Foundever a vu sa cote de crédit réduite en décembre. L’entreprise doit pourtant assurer les soins de santé virtuels au Nouveau-Brunswick à compter du 1er juillet.
Une semaine avant Noël en 2025, l’agence de notation de crédit S&P Global annonce faire chuter la note de Foundever de deux échelons, passant ainsi de B- à CCC.
Le portrait négatif reflète notre vision que les liquidités vont se détériorer au cours des prochains trimestres et qu’un échange de créances ou une restructuration que nous considérons équivalant à un défaut de paiement est probable dans les 12 prochains mois, peut-on lire en anglais dans le rapport de l’agence.
Le progressiste-conservateur Bill Hogan s’est assuré de mentionner ce passage en période de questions à l’Assemblée législative, demandant à la première ministre à quel moment elle avait appris la chute de la cote de l'entreprise.
Le ministre de la Santé, le Dr John Dornan, s'est levé pour répondre à la question, mais il n’a jamais indiqué de moment précis.
Nous avons une bonne entreprise crédible qui va offrir [ce service] après [eVisitNB]. Nous avons une transition en douceur planifiée, a répondu le ministre.

Le ministre de la Santé, John Dornan. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il a plus tard ajouté qu’il fait confiance au système d’appel d’offres, auquel ont participé 11 entreprises, et que les Néo-Brunswickois pourront compter sur Foundever, une entreprise qui compte 28 ans d’activités dans la province.
Foundever se charge de Télésoins au Nouveau-Brunswick.
Le ministre ne s'est toutefois pas présenté devant la presse ensuite.
Le Dr Dornan l’avait fait la veille, mardi, expliquant alors que le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait décidé de prolonger le contrat avec eVisitNB de 90 jours, pour couvrir la période entre le 1er avril et le 1er juillet.
Foundever devait prendre le relais le 1er avril, mais elle n’est pas prête à le faire, selon le ministre.
En fin de journée mercredi, un porte-parole du gouvernement a toutefois indiqué que le contrat a été conclu et signé. L'entreprise Foundever prendra donc le relais d'eVisitNB à partir du 1er juillet.
Le ministre des Finances, René Legacy, s’est lui présenté devant les journalistes, reconnaissant qu’il n’était pas au courant des problèmes financiers. Il a précisé qu’il ne s’agit pas de son dossier.
J’ai pleinement confiance dans le processus de Service Nouveau-Brunswick [...] lorsqu’ils font leur contrat et leur sélection. Donc, s’il y a des préoccupations, on peut poser des questions à Service Nouveau-Brunswick, mais j'ai pleinement confiance qu’ils ont fait leur étude de façon adéquate, dit-il.
Des membres de l'opposition peu convaincus
Peut-être ils n’ont pas su la réalité, mais maintenant ils savent la réalité et à mon avis, il faut qu’ils fassent quelque chose de différent, dit Bill Hogan.

Bill Hogan est député de la circonscription de Woodstock-Hartland.
Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano
Le porte-parole en matière de santé aurait souhaité que le contrat avec eVisitNB soit prolongé.
Il s’agit d’une entreprise du Nouveau-Brunswick, rappelle-t-il inlassablement, qui dispose aussi de liens dans sa circonscription, celle de Woodstock-Hartland.
Selon les circonstances actuelles, nous voulons investir dans une entreprise qui ne sera peut-être pas existante dans 90 jours, qui pourrait avoir fait faillite, oui, je remets en question [tout le processus]. Pourquoi ne travaillons-nous pas avec eVisitNB, demande-t-il.
L’entreprise a été visée par plusieurs plaintes au Commissariat des langues officielles et une porte-parole du gouvernement a tenu à préciser, au moment de l’annonce d'un changement de fournisseur, que Foundever peut offrir des services en français comme en anglais.
Bill Hogan croit que, si tel est le problème, le gouvernement du Nouveau-Brunswick aurait dû simplement travailler avec eVisitNB.
Le chef du Parti vert, David Coon, qualifie pour sa part la décision de bizarre.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, le 17 mars 2026.
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
Moi, je crois qu’au niveau du gouvernement, il n’y a pas de processus de faire [un second examen objectif]. Maintenant, il y a des décisions [...], des décisions pas bien, dit-il.
David Coon en profite lui aussi pour rappeler la solution qu'il aurait préférée : confier les soins de santé virtuels au secteur public.
Le Réseau de santé Vitalité avait d'ailleurs fait part de sa capacité à offrir le service lors d'une audience sur les comptes publics en février.


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