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La comédie Folichonneries d’Eric K. Boulianne, qui prend l’affiche vendredi, propose une incursion osée dans l’univers du couple ouvert et du polyamour, entre soirées masquées et clubs échangistes. Malgré ses scènes de nudité frontale, le film évite la vulgarité gratuite en posant un regard sincère et curieux sur un modèle amoureux encore tabou.
Folichonneries est le premier long métrage d’Eric K. Boulianne à titre de réalisateur, lui qui a scénarisé plusieurs films comme Menteur, Viking et Le plongeur, s’illustrant aussi comme comédien.
Dans le film, il tient le rôle de François, qui est en relation depuis 16 ans avec Julie, jouée par Catherine Chabot. De plus en plus éloignés l’un de l’autre sur le plan sexuel, les parents de deux petites filles décident d’ouvrir leur couple dans l’espoir de se redécouvrir et de raviver la flamme.
Au lieu de vivre ma crise de la quarantaine dans la vie, je me suis dit que j’allais la vivre au cinéma, explique le réalisateur, qui signe également le scénario du film avec Alexandre Auger. Lui-même monogame, père et en couple depuis plusieurs années, Eric K. Boulianne n’avait jamais exploré le terrain du polyamour dans sa vie privée.
L’objectif était vraiment de s’intéresser à un modèle que je ne connaissais pas, mais pour lequel j’avais une curiosité sincère. Il y a des gens autour de moi qui vivent le polyamour et qui ont des enfants, une famille; ça peut marcher. Je voulais ouvrir la discussion, résume-t-il.
Le film met aussi en vedette Julie Le Breton, Ève Landry, Étienne Galloy, Sophie Letourneur, Éric Robidoux et Sarah Chouinard-Poirier, ainsi que les jeunes Agathe Ledoux et Simone Bellemare-Ledoux dans le rôle des filles de François et Julie, Louise et Lili.

Éric K. Boulianne et Catherine Chabot
Photo : Radio-Canada / Guillaume Cyr
Des scènes osées, mais loin de la pornographie
Folichonneries oscille entre le film d’amour, la comédie de mœurs et le drame avec une réalisation à la fois sobre et crue. Les moments banals de la vie familiale alternent avec des scènes de sexe explicites rarement vues dans le cinéma québécois, évoquant des films avant-gardistes pour leur époque, comme Valérie (1969) ou Deux femmes en or (1970).
Je suis un gars de défi. Et mes réalisateurs préférés sont souvent ceux qui peuvent toucher à n’importe quel genre, qui vont là où on ne les attendait pas, affirme Eric K. Boulianne.
J’aime les films de chambre à coucher, les films assez minimalistes, c’est quelque chose que j’adore depuis longtemps.

Le personnage de François, qui cherche sa place dans une soirée masquée
Photo : Entract Films
Mais les scènes intimes, qui ont été chorégraphiées au millimètre près avec une coordinatrice d’intimité, sont empreintes d’une vulnérabilité qui leur confère un côté très humain. Il est évident que François et Julie, au fur et à mesure qu'ils découvrent de nouvelles pratiques, sont partagés entre le malaise et l’envie de se laisser aller.
Il n’y a pas de gros plans très graphiques, on n’est pas du tout dans quelque chose de pornographique. On voit des corps, mais des corps dans le quotidien, dans la banalité de cette sexualité-là. On voit toutes les maladresses, tous les doutes, explique Catherine Chabot.
Être « le moins mononcle possible »
Avec un sujet aussi sulfureux, Eric K. Boulianne était conscient du risque de tomber dans l’humour facile et les blagues grivoises, ce qu’il a tenté d'éviter à tout prix, même si Folichonneries comporte son lot de scènes cocasses.
Il y a eu beaucoup de discussions pendant le film afin qu’on soit le moins mononcle possible. Je ne voulais pas ça, [le coscénariste] Alexandre ne voulait pas ça et les producteurs non plus, explique-t-il.
L’idée, c’était de faire un film honnête qui joue avec les clichés, mais qui ne tombe jamais dedans, d’utiliser des lieux communs pour déjouer les attentes.

Catherine Chabot et Eric K. Boulianne dans le film «Folichonneries»
Photo : Entract Films / Priscillia Piccolo
Il a aussi fait table rase de ses préjugés, ne plaçant pas la monogamie sur un piédestal. Le film ne prend d’ailleurs jamais de parti pris pour un modèle amoureux plutôt qu’un autre.
J’avais juste envie d’arrêter de considérer le polyamour comme quelque chose de très marginal, explique-t-il. Le film ne fait pas non plus l’apologie du couple ouvert, mais c’est un modèle qui existe, qui est valable et qui peut fonctionner pour bien des gens.
Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet


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