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Florence Longpré fait le grand saut au cinéma avec La portraitiste

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Avant de connaître le succès avec Empathie, Florence Longpré a imaginé le récit de l'émancipation d’une femme du début des années 1960 et, à travers elle, du Québec de la Grande Noirceur. Ce film pour le moment intitulé La portraitiste est en cours de tournage.

Florence Longpré vit un rêve en ce moment avec son premier long métrage en tant que scénariste, mais aussi comme actrice dans un rôle principal.

C’est beaucoup de tourner un film et d’écrire [la deuxième saison d']Empathie en même temps, confie-t-elle. Mais je ne pense pas que ça va m’arriver beaucoup dans ma vie, alors, même si c’est dur, j’embrasse chaque moment – mais il y a des moments où je suis terrorisée.

Plein de portraits d’humains

La portraitiste a d’abord pris la forme d’une ébauche de roman avant de se transformer en film.

C’est plein de portraits d’humains pris avec des lois politiques, morales et religieuses, et [le film raconte] comment ces personnages vont se sortir de ce carcan et faire le Québec dans lequel on vit aujourd’hui.

C’est très tendre et mystérieux, c’est très absurde et drôle à la fois, ajoute-t-elle avant de préciser, en riant : c’est vraiment difficile à expliquer, comme tout ce que je fais.

Une femme portant un chapeau noir sourit.

L'actrice et scénariste québécoise Florence Longpré sur le tournage du film « La portraitiste »

Photo : Radio-Canada

Réalisée par Annie St-Pierre, cette comédie dramatique est coproduite par Roger Frappier, le producteur derrière les succès La grande séduction, Jésus de Montréal et Le déclin de l’empire américain.

C’est un film à la fois très réaliste, humain et fantastique, explique-t-il. Tout d’un coup, on est dans le monde fantastique et la seconde d’avant, on était dans le réel le plus absolu.

La capacité de Florence Longpré à faire cohabiter le drame et la comédie a convaincu Roger Frappier de s’impliquer dans le projet. Hier, elle m’a fait rire et pleurer dans la même réplique, poursuit-il. C’est tout le talent de Florence!

Se connaître en dessinant les autres

Pour ses débuts au cinéma, Florence Longpré incarne Françoise, une femme malheureuse avec son mari. Secrétaire dans un poste de police, elle se voit demander, à l’improviste, de réaliser un portrait-robot. Cet exercice met en lumière son don télépathique et entraîne la révélation de secrets.

L’évolution de Françoise suit un peu [celle que va vivre] la société québécoise : comment on peut décider de prendre notre existence en main et s’ouvrir à nos forces, à notre intuition et à ce qu’on a à l’intérieur qui nous rend plus fort, dit Annie St-Pierre, la réalisatrice du film.

On la suit dans sa découverte d’elle-même à travers l’art, ajoute-t-elle. [Le dessin] lui permet de mieux voir l’autre, et quand on est capable de mieux voir l’autre, ça finit par nous mener à nous-mêmes.

Des hommes portent un cerceuil.

Le tournage de « La portraitiste » se déroule notamment dans une église du quartier Saint-Henri, à Montréal.

Photo : Radio-Canada

L’Américain Cameron Britton comme partenaire de jeu

Florence Longpré partage l’affiche avec Amélie Grenier, Alex Bergeron, Marigane Branchaud, Olivier Rousseau, Pascale Desrochers, Joanie Guérin, mais aussi avec Steve Laplante, Mireille Metellus, Michel Laperrière et Danielle Fichaud.

Elle joue également aux côtés de Cameron Britton, qui interprète un sergent anglophone avec lequel Françoise se retrouve à enquêter.

Un homme barbu sourit.

L'acteur américain Cameron Britton

Photo : Getty Images / Kevin Winter

Cameron Britton, vu notamment dans les séries Netflix Mindhunter et The Umbrella Academy, joue dans le film sud-coréen Hope, en lice pour remporter la Palme d’or au Festival de Cannes samedi.

Cet acteur américain est tombé amoureux du scénario écrit par Florence Longpré, selon Roger Frappier.

Il a refusé de monter les marches à Cannes pour être ici, ça en dit beaucoup sur la qualité du scénario de Florence.

On est trop contents de l’avoir, se réjouit Florence Longpré. C’est quelqu’un d’extrêmement généreux et un acteur incroyable.

Un film devenu politique

Florence Longpré a commencé à écrire La portraitiste il y a déjà six ans. Entretemps, la manière dont le monde a changé ne fait que renforcer la pertinence de cette histoire qui raconte une société dominée par les hommes et la religion.

Avec les années, ce film a pris un écho immense et il est même devenu politique, constate-t-elle.

Beaucoup d’acquis s’envolent ou semblent être remis dans l’ombre. Rappeler d’où on vient et où on ne veut pas retourner, ça me semblait à propos vu le moment que l’on vit.

Trois personnes sont derrière une caméra.

Annie St-Pierre (au milieu), accompagnée notamment de Roger Frappier, sur le tournage du film « La portraitiste »

Photo : Radio-Canada

De l’émotion, mais dans la finesse

C’est Max Films – la société de production de Roger Frappier – qui est à l’origine de la rencontre entre Florence Longpré et Annie St-Pierre.

Les deux femmes se sont trouvé de nombreux points communs.

On aime les émotions, le tragique, ce qui est con, rire, l’absurde, énumère Florence Longpré. On a une façon de voir le monde qui est optimiste, romantique et de rire des travers et des choses dures de la vie – ça aussi c’est politique.

On a assez de différences et de cohérences pour que ça matche bien ensemble, ajoute-t-elle.

Annie St-Pierre pose pour une photo.

La réalisatrice québécoise Annie St-Pierre

Photo : Radio-Canada / Jean-Baptiste Demouy

De son côté, Annie St-Pierre, à qui l’on doit le court métrage Les grandes claques ainsi que les documentaires Fermières et Le plein potentiel, loue le talent de Florence Longpré pour exprimer l’émotion avec à la fois intensité et poésie.

Ce qui pourrait être gros écrit par quelqu’un d’autre, elle, elle trouve la finesse, souligne-t-elle.

En tournage jusqu’au 12 juin à Montréal, dans ses environs et dans le Bas-Saint-Laurent, le film sortira au Québec en 2027, puis en France.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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