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La minière junior First Phosphate se montre intéressée à l’usine Kénogami de Domtar et son hydroélectricité advenant une éventuelle fermeture en raison des difficultés de l’industrie forestière.
Plus tôt cette semaine, le député de Jonquière, Yannick Gagnon, avait parlé de l’importance de travailler sur un plan B pour les travailleurs en attirant une entreprise advenant la fermeture de l’usine à papier.
Radio-Canada a confirmé l’intérêt de l’entreprise qui a pour projet d’exploiter une mine dans le secteur de Bégin et Lamarche.
Son plan est d’avoir deux usines, soit une usine d’acide phosphorique au Port de Saguenay et une seconde qui fabriquerait des cathodes pour des batteries au lithium fer phosphate (LFP).
C’est cette usine qui pourrait être aménagée à Kénogami, même si First Phosphate a déjà un bail en main pour l’installer dans l’usine de Proco à La Baie. Dans un scénario très optimiste, plus d’une usine pourrait être aménagée.
Une rencontre mercredi
Une rencontre a eu lieu mercredi matin entre les exécutifs des syndicats, le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard, et des représentants de First Phosphate.
On est allé rencontrer le groupe de First Phosphate avec le député Mario Simard. C'est un projet qui est très ambitieux, qui va engager plusieurs personnes, puis qui peut avoir un bon potentiel, a révélé Gilles Vaillancourt, président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami–CSN.

Gilles Vaillancourt est le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papier de Kénogami – CSN. (Archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Lors d’une rencontre lundi des travailleurs avec Yannick Gagnon, et dans des entrevues dans les médias, Gilles Vaillancourt avait indiqué que ses membres voulaient demeurer en poste.
On n'est pas rendu encore à l'étape de rencontrer les travailleurs, puis de savoir qui va faire quoi, puis quand et comment. On est plus à l'étape de voir la faisabilité de tout ça. Il y a encore beaucoup d'étapes à franchir. C'est très embryonnaire, mais c'est un projet qui peut être très prometteur pour nous autres, a-t-il poursuivi.
D'abord l'électricité
En plus des travailleurs et des installations, c’est d’abord et avant tout l’électricité qui attire First Phosphate, puisque l’entreprise disait plus tôt cette semaine être en attente de l’attribution d’un bloc d’énergie.
L’usine Kénogami est alimentée par les propres centrales hydroélectriques de Domtar au Saguenay. Pour le moment, Domtar est forcée dans un bail de location des forces hydrauliques de la rivière Shipshaw à utiliser cette électricité dans ses usines d’Alma et Saguenay. En cas de fermeture d’une d’entre elles, Québec pourrait résilier son bail qui est enchâssé dans une loi.
Il y aurait alors plusieurs scénarios possibles en cas de fermeture. Notamment, Domtar pourrait garder ses barrages et vendre l’électricité à un nouveau projet, ce que l'entreprise a dit souhaiter. Québec pourrait exproprier Domtar, comme l'a menacé Yannick Gagnon. La Ville de Saguenay est aussi intéressée à reprendre les barrages sur son territoire par l'option d'un droit de préemption en cas de vente.

Domtar possède plusieurs centrales hydroélectriques au Saguenay. (Archives)
Photo : Radio-Canada
L'enjeu qui reste à travailler, c'est le bloc d'énergie disponible parce que, nous, on a toujours été protégé par ce bloc d'énergie là. Ce qui fait qu'il faut veiller à ce que le bloc d'énergie protège encore les emplois, même si ce n'est pas Domtar qui en est responsable. Il y a beaucoup de choses à faire. Est-ce que c’est Domtar qui exploite [les centrales], est-ce que c’est une autre compagnie? Il y a encore beaucoup de questions à régler avant d'aller de l'avant, a-t-il poursuivi.
300 emplois
Du côté du syndicat, l’intérêt vient du fait qu’une fois tous les projets lancés, First Phosphate aurait besoin de 300 travailleurs, autant à la mine que dans ses usines.

Lundi, le député de Jonquière, Yannick Gagnon (au centre), a rencontré des travailleurs de l'usine de papier Kénogami de Domtar.
Photo : Gracieuseté
Tout cela demeure cependant hypothétique et, pour le moment, l'usine Kénogami a repris sa production le 9 mars, après un arrêt planifié de deux semaines. Aucune fermeture n'est prévue.
C'est un beau projet, il est ambitieux, on a le goût d'y aller, mais on ne veut pas que ça soit un éléphant blanc non plus où, dans deux ans, tout aurait fait patate. On a des précautions à prendre, a conclu Gilles Vaillancourt.


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