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Fin de vie : le Cese convie à une «célébration» dans un ministère après l’adoption définitive de la loi sur l’aide à mourir, indignation à droite

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Les locaux du Cese à Paris.

Les locaux du Cese à Paris. HUGO MATHY / AFP

Le ministre des Relations avec le Parlement organise mercredi prochain une réception réunissant les membres de la convention citoyenne sur la fin de vie et les rapporteurs des propositions de loi afférentes.

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L’événement fait déjà grincer des dents. Un courriel consulté par Le Figaro révèle que le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, organise, le 15 juillet au soir, une réception dans ses bureaux de l’hôtel de Clermont, quelques heures après le vote définitif attendu à l’Assemblée de la proposition de loi sur l’aide à mourir. Y sont conviés les membres de la convention citoyenne sur la fin de vie ainsi que les rapporteurs des propositions de loi afférentes, précise le ministère à notre journal. Or, si le carton d’invitation du ministère est sobre, celui du Conseil économique, social et environnemental (Cese) se révèle plus maladroit, proposant aux anciens membres de la convention la prise en charge de leur transport et de leur hébergement à Paris afin qu’ils puissent participer à un «cocktail de célébration».

Une formulation malheureuse qui a déclenché un tollé à droite. À commencer par le président des Républicains, Bruno Retailleau. «Profondément choqué» par l’initiative, il a tourné en dérision le mantra «mourir dans la dignité» brandi par les partisans du texte. «Où est la dignité quand on fête au champagne une loi qui touche à la souffrance et à la mort des plus fragiles ? On n’est pas à un match de foot !», s’est indigné mercredi soir le candidat de la droite à la présidentielle sur X. «Au-delà des convictions de chacun sur ce texte, ces sujets engagent notre conscience collective et notre conception de la dignité humaine. Ils appellent le respect, l’humilité et la gravité. C’est à cette hauteur que les responsables politiques devraient toujours se tenir», a ajouté le sénateur vendéen, farouche opposant à cette loi.

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Même indignation chez le député LR et médecin Philippe Juvin. «On ne “célèbre” pas un texte qui touche à la mort. La gravité du sujet et l’inquiétude qu’il soulève exigent de la retenue. Le respect de l’argent public aussi», a raillé le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou. Estimant que «chacun devrait s’attacher à apaiser les divisions», le rapporteur général du Budget appelle «le ministre et la présidente du Cese à annuler cette cérémonie». La députée ciottiste Hanane Mansouri a, elle aussi, interpellé le Cese avec ironie : «Pourrait-il nous transmettre la note de frais afin de savoir combien de lits en soins palliatifs nous aurions pu créer à la place de cette sauterie ?»

Une invitation «maladroite» et susceptible de «porter à confusion»

Des critiques que le ministère récuse. Face à ces mises en cause, l’entourage de Laurent Panifous tient à mettre les points sur les i : «Ce n’est pas un cocktail ni un apéro. Ce n’est pas une fête, il n’y a pas de nourriture, pas d’alcool. C’est juste un temps d’échange après le vote», rectifie-t-il, avant de juger «maladroite» et susceptible de «porter à confusion» l’invitation du Cese. «L’objectif, c’est juste d’avoir un échange sur le sujet», balaie-t-on de même source. Et pour cause : en sa qualité de ministre chargé de la participation citoyenne, Laurent Panifous «souhaite associer la convention citoyenne à l’aboutissement du processus législatif».

Quoi qu’il en soit, cette controverse ne change rien au calendrier parlementaire. Après que les sénateurs ont rejeté par trois fois cette réforme de l’aide à mourir, le gouvernement entend donner le dernier mot mercredi prochain à l’Assemblée nationale, comme la Constitution le lui permet. De quoi faire bondir le président du Sénat, Gérard Larcher. Au Figaro, mercredi, l’élu des Yvelines a promis de saisir le Conseil constitutionnel si l’exécutif faisait effectivement ce choix. Réaffirmant au passage «l’hostilité» de la Chambre haute au texte et dénonçant le fait que le gouvernement n’a pas, selon lui, «pris en compte (ses) alertes» ni les «garde-fous» proposés.

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