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FIFA : Gianni Infantino abandonne son projet de privatisation après la révolte du football mondial

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Gianni Infantino rêvait d’ouvrir les activités commerciales de la FIFA aux capitaux privés. Quelques jours de révolte mondiale plus tard, son projet est abandonné et l’UEFA lui indique désormais la porte de sortie.

Gianni Infantino espérait lever environ 4,2 milliards de dollars en cédant 20 % de cette structure. La FIFA aurait ainsi été valorisée autour de 20 milliards de dollars.

Même dans un football habitué à vendre les maillots, les stades, les noms des compétitions et bientôt l’air respiré dans les tribunes, la manœuvre a fini par paraître légèrement excessive.

L’UEFA menace de boycotter la Coupe du monde

L’opération aurait été préparée sans véritable consultation des confédérations ni des fédérations. Une méthode qui a rapidement retourné le football mondial contre son président.

Les 55 membres de l’UEFA ont menacé à l’unanimité de boycotter toutes les compétitions de la FIFA tant que le projet resterait d’actualité. La Confédération asiatique et la Concacaf, chargée du football en Amérique du Nord, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, ont également rejeté l’initiative.

Face au risque de devoir organiser une Coupe du monde sans les principales nations européennes, Infantino a annoncé l’abandon de son projet dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août 2026.

« Force est de constater que ce projet a suscité des clivages qui ne servent plus l’objectif initialement fixé », a reconnu le président de la FIFA. Une manière élégante d’expliquer que son idée venait de se faire tacler par trois continents.



Démission ou vote de défiance

L’abandon du projet ne suffit cependant plus à calmer la fronde. Selon le HuffPost, qui reprend les informations du Telegraph, l’UEFA demande désormais à Gianni Infantino de démissionner. Dans le cas contraire, l’instance européenne serait prête à provoquer un vote de défiance.

Le communiqué officiel de l’UEFA ne prononce pas directement le mot « démission », mais affirme que le président de la FIFA a perdu sa confiance. L’organisation européenne dénonce un accord « miteux », opaque et préparé en coulisses, avant de réclamer que les responsables soient identifiés et rendent des comptes.

La procédure est parfaitement envisageable. Selon les statuts de la FIFA, 43 fédérations suffisent pour exiger la convocation d’un congrès extraordinaire. L’UEFA en rassemble 55, toutes restées unies depuis le début de la fronde.

Une majorité de 106 voix parmi les 211 fédérations membres serait ensuite nécessaire pour contraindre Infantino à quitter son poste. L’UEFA, la Confédération asiatique et la Concacaf représentent ensemble 143 fédérations. Toutes ont combattu son projet, même si rien ne garantit encore qu’elles voteraient unanimement pour sa destitution.

Infantino désavoué jusque dans son propre camp

Le coup le plus violent est venu de l’intérieur de la FIFA. Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, a démissionné en qualifiant l’opération de « mauvais accord pour le football ».

Kevin Lamour, directeur général de la FIFA, a également désavoué le président. « Ce n’est pas le projet de la FIFA, c’est le projet d’une seule personne », a-t-il écrit, dénonçant un manque de transparence, de discernement et de bonne gouvernance.

Infantino se retrouve donc contesté par les confédérations, lâché par plusieurs collaborateurs et désormais menacé d’un vote pouvant provoquer son départ.



L’ami Trump ne suffira peut-être plus

Depuis plusieurs années, Gianni Infantino cultive une proximité spectaculaire avec Donald Trump. Apparitions communes, compliments appuyés et création d’un prix FIFA pour la paix remis au président américain : le patron du football mondial semble parfois plus à l’aise à la Maison-Blanche qu’au milieu de ses propres fédérations.

Mais les photos avec Trump ne donnent pas automatiquement 106 voix au congrès de la FIFA. À sept mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2027, Infantino ne joue plus seulement sa réélection : il tente désormais de sauver son mandat.

En voulant vendre une partie du football mondial sans consulter ceux qui le font vivre, il a réussi l’exploit de coaliser contre lui l’Europe, l’Asie et les Amériques. Même Donald Trump aura du mal à expliquer que le résultat a été truqué.

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