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Plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l’appel d’organismes de défense des Autochtones afin de participer à la traditionnelle marche commémorative en hommage aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées (FFADA2S+).
L'événement a eu lieu samedi au square Cabot à Montréal.
Cette marche est un acte essentiel de mémoire pour nos sœurs volées ainsi qu’un appel à la justice, à la sensibilisation et au changement, ont souligné les organisateurs, soit Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Projet Iskweu, Résilience Montréal et l’association inuit SQIA.
Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, était présent, mais il n'a pas pris la parole.
Les organisateurs ont rappelé qu’au Canada, les femmes, les filles et les personnes bispirituelles et de diverses identités de genre autochtones courent 12 fois plus de risques de disparaître ou d’être assassinées que les femmes non autochtones.
Bon nombre des 231 appels à la justice issus de l’Enquête nationale sur les femmes (ENFFADA), les filles et les personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées demeurent sans réponse. Il est temps de passer des paroles aux actes.
En juin 2024, à l'occasion du cinquième anniversaire du rapport de l'ENFFADA, l'Assemblée des Premières Nations (APN) avait déploré que seulement deux recommandations avaient été totalement remplies. Ottawa, de son côté, avait affirmé que sur les 215 recommandations relevant de sa compétence, 107 étaient bien avancées.
Pour tenter d’agir en amont et de limiter les disparitions, le Manitoba pourrait ainsi être la première province à mettre en œuvre l’alerte robe rouge, basée sur le même principe que l’alerte Amber.
Des dizaines de cas
Les disparitions de femmes et de filles autochtones pourraient en effet, dans bien des cas, être liées à leur exploitation sexuelle, selon un rapport indépendant.
L’enquête a recensé, à partir d’une grande variété de sources, 185 cas de femmes autochtones disparues et assassinées sur une période de près de 15 ans, de 2010 à 2024. Pas moins de 124 de ces femmes manquent toujours à l'appel; les autres ont été retrouvées mortes. Les femmes portées disparues mais qui ont été retrouvées en vie ont été exclues de l’analyse.
Selon le ministère fédéral de la Sécurité publique, environ 50 % des victimes de la traite de personnes sont des femmes autochtones alors qu’elles représentent moins de 5 % de la population totale au Canada.


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