Après plusieurs années très calmes, les introductions en bourse ont repris de manière spectaculaire en 2026, aux Etats-Unis comme en Asie. Avec SpaceX, SK Hynix, etc., les émissions de nouvelles actions ont déjà atteint un niveau record en ce milieu d’année (125 milliards de dollars, contre 120 pour toute l’année 2021), en particulier dans le secteur de la technologie. Ce pic d’activité est souvent décrit comme le signe annonciateur de la fin de la fête, comme ce fut le cas lors de la bulle dotcom de la fin des années 1990. On se demande aussi si les investisseurs pourront digérer cette nouvelle offre, phénoménale. Alors, faut-il s’inquiéter? Tout dépend à qui on pose la question. Goldman Sachs l’a justement soumise à trois experts, qui sont d’accord sur le fait que nous ne vivons pas une vague d’IPO – au moins pour l’instant. Mais certains sont plus prudents que d’autres.
Les craintes de digestion difficile sont exagérées, estime Ben Snider, de Goldman Sachs, justement. Le responsable de la stratégie sur les actions américaines prévoit l’arrivée de nouvelles actions pour un montant de 700 milliards de dollars cette année. Ce qui reste modeste comparé à l’ensemble de la bourse américaine, d’autant plus que la demande demeure saine, selon lui.
Beaucoup d’argent à recycler
Lire aussi: La ruée sur l’IA fait bondir les entrées en bourse cette annéeCet appétit est alimenté par les dividendes et les rachats d’actions opérés par les sociétés américaines ces dernières années, à hauteur d’environ 1600 milliards de dollars annuels, relève pour sa part Jay Ritter, directeur de The IPO Initiative, un centre de réflexion de l’Université de Floride. Cet argent doit être recyclé et les nouvelles IPO n’en absorbent qu’une partie, estime le chercheur.
Approche-t-on du sommet du marché? Nous vivons plutôt une période de sécheresse des IPO, mais une vague pourrait être en train de se former, car une technologie transformatrice comme l’IA a besoin de capitaux considérables, avance Owen Lamont, le financier du trio, chez Acadian Asset Management.
Lire aussi: L’IA chute avant l’arrivée en bourse de SpaceX et Anthropic: mauvais présage ou opportunité en or?Selon lui, les vagues d’IPO peuvent durer des années, donc marquer le début d’une bulle, pas sa fin. Il relève par ailleurs une absence d’euphorie: le cours des sociétés introduites en bourse n’explose pas comme c’était le cas lors de la bulle des valeurs internet, quand une action pouvait facilement être multipliée par dix le jour de son IPO. C’est d’ailleurs un indicateur à suivre.
Patience avant de gagner de l’argent
Les investisseurs peuvent-ils néanmoins gagner de l’argent avec ces opérations? Les périodes de forte activité en matière d’IPO ont coïncidé avec des performances boursières plus basses, mais ce n’est pas un indicateur très fiable, à peine plus que le hasard, reprend Jay Ritter, de The IPO Initiative. Les IPO tendent à sous-performer les premières années, «c’est comme les bananes: elles doivent mûrir avant d’être prêtes à être consommées», rappelle Owen Lamont, qui recommande la patience.
Lire aussi: Qui a peur de la vague d’introductions en bourse?Reste que les risques liés à l’IA ne se limitent pas aux actions. Les sociétés qui investissent massivement recourent aussi largement à la dette, avec un risque de concentration des émetteurs et de saturation des marchés.


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