Il a tenté de manger à tous les râteliers. Un jour, il dessine le Centrosoyouz pour les Soviétiques, un autre il drague Mussolini, plus tard encore il s’installe à Vichy sous le régime du Maréchal Pétain. La même journée, il était capable de passer la matinée avec son ingénieur François de Pierrefeu, membre du parti fasciste français le Faisceau, puis d’aller déjeuner avec la fine fleur de l’avant-garde artistique parisienne, tout en côtoyant des personnalités comme André Malraux ou l’architecte d’intérieur Charlotte Perriand, aux sympathies communistes.
Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, a navigué au cours de cette période sans prendre parti. Enfin si. Le parti de la force et de l’opportunisme. Christian Brändle, commissaire de l’exposition Construire pour le pouvoir et directeur du Musée du Design de Zurich résume assez bien le positionnement du Chaux-de-Fonnier avec une anecdote tirée de son ouvrage Urbanisme, datant de 1925: «Dans le livre figure une image de Louis XIV, juste avant d’entrer en guerre contre les Pays-Bas. Le roi aurait lancé à son architecte Libéral Bruant: «Maintenant, tu construis l’Hôtel des Invalides.» Le Corbusier a écrit en dessous: «Ça, c’était un grand urbaniste. Il a su dire: «je veux».» Cela résume sa vision et ce dont il avait besoin: un grand chef qui décide».


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