Sur un champ de bataille, on peut tenter de passer inaperçu (c’est la fonction du camouflage) ou au contraire vouloir en mettre plein la vue. Cette dernière option peut être contre-productive: à l’automne 1914, après de lourdes pertes (329 000 morts), l’armée française décide en effet de débarrasser les poilus des sémillants képis et pantalons rouges qu’ils portaient jusqu’alors – lesquels les rendaient visibles «tel un coquelicot dans un champ de blé», selon le témoignage d’un colonel de l’époque.
L’aspect d’un combattant peut toutefois faire partie d’une réflexion tactique, surtout lorsqu’il s’agit de faire peur à l’ennemi. Jules César déjà relevait dans la Guerre des Gaules ces «Bretons [qui] se teignent avec du pastel, ce qui leur donne une couleur azurée et rend leur aspect horrible dans les combats». En 1675, les Prussiens lancent une formation assez particulière, les «Géants de Potsdam» – officiellement le 6e régiment d’infanterie, uniquement composé d’hommes mesurant plus de 6 pieds (c’est-à-dire 1,88 m, ce qui était fort grand pour l’époque) dans le but de terroriser l’ennemi. Les Prussiens, toujours eux, inventèrent plus tard, au milieu du XVIIIe, les Totenkopfhusaren: leur coiffe arborait une tête de mort, tenue dont s’inspirèrent ensuite, sous la Révolution française, les hussards de la mort (créés par l’Assemblée nationale en 1792) puis, de manière beaucoup plus sinistre, la 3e division SS «Totenkopf» – autrement dit les gardiens des camps de concentration.


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