«Pari tenu: nous voici!» s’exclame la rédactrice en cheffe du Journal de Genève, lequel arbore dès le 2 septembre 1991 le sous-titre et Gazette de Lausanne. Avec, surtout, une nouvelle maquette et une nouvelle page «une», plus proches de l’actualité et avec un ton beaucoup plus direct et nerveux que par le passé. Quoique non sensationnaliste, des titres sobres, sous contrôle, d’une relative platitude si l’incertitude s’impose, «bonnes manières» que le quotidien préfère à la séduction formelle des suppositions. Parce qu’il faut se distancier de l’audacieux Nouveau Quotidien, qui débarque sur le marché romand trois semaines plus tard.
Il est hélas déjà trop tard. Née avec le canton de Vaud, la Gazette a certes un prestigieux passé depuis 1798, mais depuis trente ans elle est devenue la sœur ennemie du Journal, avec les mêmes causes et les mêmes ambitions haut de gamme. Les deux quotidiens se sont épuisés à force de cultiver leurs particularités cantonales. L’arrivée du Nouveau Quotidien sur le marché va relancer la concurrence. Jusqu’à cette fin de février 1998 où le binôme médiatique disparaît pour donner naissance au Temps. Avec «Une journée pour en finir» à Genève et une «Eclipse totale à El Tiempo», à Lausanne.
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