Romans, essais, romans graphiques, polars: voici la rentrée littéraire d’hiver avec ses centaines de nouveaux livres qui arrivent en librairie entre janvier et février. Mais ne parlons pas chiffres, ne parlons pas quantité, rappelons l’essentiel, à savoir que les livres sont des espaces de questionnements, d’analyse, d’exploration du présent comme du passé. Le réel y est remis en jeu, encore et encore, avec le recul qu’exige l’écriture au long cours. Un livre dilate le temps, permet des effets de loupe sur ce qui passe inaperçu dans le flot des jours, sur ce qui semble incompréhensible. Reporters de l’intime, passe-murailles hors pair pour s’inviter dans les coulisses du drame, dans les quartiers généraux du pouvoir, jusqu’aux ventricules d’où pulsent veulerie et laisser-faire criminels, oui, les écrivains, car il s’agit bien d’eux, mènent inlassablement l’enquête.
Qui de mieux pour incarner l’urgence d’une écriture qui pose les questions qui fâchent que Lukas Bärfuss? Dans l’excellente traduction de Camille Luscher, paraît cette semaine Les Miettes, son nouveau roman qui suit la course effrénée d’Adelina, fille d’immigrés italiens et mère célibataire, pour ne pas être broyée par la pauvreté, dans l’indifférence de la Suisse replète des années 1970.


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