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Après deux canicules exceptionnelles par leur intensité et leur précocité, les prévisionnistes météo annoncent à nouveau des températures très élevées dans les jours qui viennent en Europe de l'Ouest. Et la chaleur est encore plus intenable dans les villes bétonnées et bitumées. Pour se protéger, des solutions existent, notamment planter des arbres.
En plein centre-ville de Nantes, à l'ouest de la France, un vaste chantier est en cours, place Gloriette Petite Hollande. « Ici, à la base, c'était un grand parking. Quatre hectares vont être débitumés. Au milieu, on voit les premières plantations qui ont été faites », déclare Delphine Bonamy, vice-présidente en charge de la biodiversité à la métropole de Nantes. À terme, 650 arbres doivent être plantés, dit-elle.
Il y a deux ans, la métropole a signé une « charte des arbres », qui s'inspire de la règle d'urbanisme du 3-30-300. Delphine Bonamy Bonamy explique ce que cela signifie : « Voir trois arbres de sa fenêtre, vivre dans un quartier où il y a 30 % de surface arborée, et se trouver à 300 mètres d'un espace vert ».
Les bienfaits de cette règle sont prouvés scientifiquement. Quand elle est mise en place, la santé des habitants est améliorée. Les arbres apaisent, réduisent le stress, dépolluent l'air et le sol. Et ils ont aussi la capacité de rafraîchir l'air ambiant. Cela alors que Météo France estime que les vagues de chaleur pourraient durer jusqu’à deux mois en continu dans le pays, d'ici quelques dizaines d'années.
En pleine canicule, Thomas Brail, fondateur du Groupe national de surveillance des arbres, le démontre avec un simple thermomètre : « On va faire une prise de température sur le bitume qui a pris le soleil toute la journée. On est à 56,6°C. Vous voyez, on ne peut même pas y rester. Le rayonnement solaire est tellement fort ! »
À quelques mètres à peine, dans un parc, il fait deux fois moins chaud. « On est à 26,8°C au pied d'un arbre. Ça n'a pas été débroussaillé dessous, si on met le thermomètre ici, on se retrouve avec une température très basse », poursuit le militant, qui alerte sans relâche les responsables politiques.
« On a besoin des arbres, ce sont des climatiseurs naturels. Le moindre mètre carré que l'on peut utiliser pour planter du végétal, il faut le faire ! », affirme-t-il.
Car les arbres ne font pas seulement de l'ombre, ils transpirent. Un chêne peut ainsi dégager 1 000 litres d'eau par jour : c'est de cette humidité que vient leur effet climatisant.
L'ennui, c'est qu'ils souffrent aussi des canicules. En cas de fortes chaleurs, le sol s'assèche. Les arbres n'arrivent alors plus à puiser assez d'eau, ils risquent de mourir, et leur pouvoir rafraîchissant s'arrête. Il faut donc choisir avec attention les arbres à planter, explique Manuel Nicolas, en charge du suivi à long terme des arbres à l'Office national des forêts : « Il y a des espèces qui sont très bien adaptées pour supporter des grandes chaleurs, et des sécheresses importantes, notamment des espèces méditerranéennes. Et d'autres qui le sont moins ».
Il est également important de diversifier les espèces en prévision du climat futur. « Il y a encore des arbres qui pourront supporter 50 °C avec suffisamment d'eau, mais on n'est pas à l'abri non plus que certains arbres commencent à avoir d'autres problèmes physiologiques, liés à la chaleur elle-même, qu'on ne connait pas forcément d'emblée. Parce qu'on entre dans des conditions climatiques qui sont inédites. On a des records de températures qui sont battus au fur et à mesure et on ne connaît pas forcément les capacités des arbres à supporter des extrêmes qu'on n'a jamais vus par le passé. Il faut plutôt privilégier un mélange d'essences, différentes espèces, dans l'idée que de cette diversité, on ait une chance que certains choix, certaines options s'en tirent correctement, jusque dans 100 ans. Pour le dire trivialement, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », préconise Manuel Nicolas.
Les arbres restent de précieux alliés face aux canicules. Pourtant, malgré quelques politiques de végétalisation dans plusieurs villes de France, comme à Nantes, Paris ou Toulouse, ils sont encore trop souvent perçus comme des obstacles en ville. Ils gênent la construction de nouveaux bâtiments et de routes. En France, 25 000 hectares sont ainsi bétonnés chaque année.
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