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Dans son rapport déposé mercredi, la commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique, Kasari Govender, estime que l'accès restreint aux médias par la police de Vancouver a porté atteinte à la transparence et miné le travail des médias lors du démantèlement des campements les 5 et 6 avril 2023 dans le Downtown Eastside.
Selon le rapport (nouvelle fenêtre) (en anglais), la police affirme qu'elle n'a restreint l'accès aux médias que durant les premières 45 minutes du démantèlement d'un village de tentes.
Le rapport explique que le service de police a permis à une seule caméra pour l'ensemble de la presse de s'installer dans la zone d'exclusion et que tout autre accès aux médias devait recevoir l'aval des policiers.
En plus de la fermeture des caméras de circulation [le 5 avril], l'exclusion des médias a eu un impact sur leur capacité à suivre les actions de la police. Alors, à mon avis, il y a eu un manque de transparence.
Le rapport note que certains médias sont entrés dans la zone d'exclusion sans l'approbation d'un policier et n’ont pas été forcés de quitter les lieux. D’autres se sont vu refuser l’accès et n’ont jamais pu se rendre près d'un démantèlement.
Kasari Govender affirme aussi que l'utilisation d'une zone d'exclusion par les policiers de Vancouver pour restreindre l'accès aux médias n'était pas conforme aux normes en matière de droits de la personne.
D'après la commissaire, les témoignages de policiers et d'employés municipaux démontrent que leur priorité numéro un était la sécurité physique et mentale des employés lors du démantèlement.

La commissaire aux droits de la personne, Kasari Govender, dénonce l'accès restreint aux médias par la police de Vancouver lors d'un démantèlement en 2023 dans le Downtown Eastside.
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
Dans le rapport, on peut lire que cela a été clairement confirmé par l'un des chefs de la police de Vancouver lors d'une réunion avec la commissaire lorsqu'il a déclaré que la sécurité physique prime toujours sur les droits de la personne.
De plus, l'utilisation du terme zone d’exclusion ne fait pas l'unanimité. La police et la Ville l'ont décrit comme étant une zone de travail ou une zone de sécurité. La commissaire note que peu importe l'intention ou les mots utilisés, elle regarde l'impact de la restriction sur la liberté de presse.
Pour Kasari Govender, la police de Vancouver n'a donc pas réussi à trouver l'équilibre entre la sécurité des employés municipaux et la liberté de presse.
Elle a remis six recommandations à la Ville de Vancouver, à la police de Vancouver et aux ministères de la Sécurité publique et de la Justice.
Parmi elles, la commissaire demande aux départements de police en Colombie-Britannique d'arrêter d'exclure ou de restreindre l'accès aux médias sauf s'il y a une autorisation des tribunaux, un danger imminent à la sécurité publique ou pour protéger l'intégrité d'une enquête criminelle.
Elle recommande aussi au ministère de la Sécurité publique de modifier la loi sur la police pour préciser quand la police peut restreindre l'accès aux médias.
La Ville et la police de Vancouver rejettent le rapport
Le maire de Vancouver, Ken Sim, et la police de Vancouver sont en désaccord avec le rapport de la commissaire aux droits de la personne et estiment qu'ils ont permis aux médias de faire leur travail lors du démantèlement d'avril 2023.
D'après le sergent Steve Addison, les médias ont reçu des directives de la Ville sur l'accès aux zones de démantèlement le 5 avril 2023. Selon la note (nouvelle fenêtre) (en anglais), les médias doivent coordonner l'accès à la zone de travail par le biais de media@vpd.ca.
Il souligne que les membres de la presse qui n'ont pas coordonné leur arrivée et qui se sont dirigés par eux-mêmes sur la rue Hastings n'ont pas été déplacés par les policiers.
J'ai personnellement contacté les médias quelques minutes après le début du démantèlement et j'ai invité les journalistes sur le site.
Comme dans le rapport, le sergent Steve Addison précise qu'il y a eu un léger délai quant à l'accès offert aux médias au début du démantèlement des tentes en raison du déplacement de véhicules lourds et pour assurer la sécurité du site.
Selon la journaliste et rédactrice en chef du journal le Tyee, Jen St. Denis, qui était sur les lieux, la police et la municipalité ont effectivement donné à l'avance des directives à des journalistes. Le problème, explique-t-elle, c'est que des journalistes ont dû attendre avant d'avoir accès aux zones de démantèlement et certains n'y ont jamais eu accès.
Quand je suis arrivée sur place, on m'a refusé l'accès à deux reprises. Alors, je suis allée sur le site grâce à une ruelle. Le rapport ne me surprend donc pas, précise-t-elle.
C'est important pour les journalistes d'être présents dès le départ pour être témoin de ce qui arrive et voir comment la police traite les personnes touchées par le démantèlement.
Des journalistes de Radio-Canada étaient sur le terrain pour couvrir le démantèlement en avril 2023. Ils n'ont pas fait partie du processus d'enquête de la commissaire aux droits de la personne.


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