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Est-il trop tard pour la CAQ à Québec?

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La dernière session parlementaire a été marquée par l'arrivée de Christine Fréchette, par le changement de ton et par le désir de la CAQ de collaborer avec l'administration Marchand. Même si la Ville de Québec a fait des gains en quelques semaines, rien n'est acquis pour la suite. La région reste à prendre.

Il y a six mois, le maire de Québec mettait la table pour la campagne électorale à venir au Québec. Réélu avec une forte majorité quelques semaines plus tôt, il martelait que la région allait être un incontournable pour l'élection du prochain gouvernement.

Un mandat fort, c'est gagnant, avait-il dit dans une entrevue accordée à Radio-Canada. Il avait mis cartes sur table : tramway, logement, itinérance, immigration et infrastructures allaient être au cœur de ses priorités à l'égard des partis lors de la campagne électorale de l'automne.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, en entrevue de fin d'année à l'hôtel de ville de Québec.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, lors du bilan de son année 2025 marquée par sa réélection avec une forte majorité (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Bouchard

Devant l'impopularité du gouvernement, alors dirigé par François Legault, Bruno Marchand s'apprêtait à être plus exigeant envers la CAQ pour forcer le jeu. Dans le dossier du troisième lien, il dénonçait le tracé qui allait traverser le quartier Saint-Malo. En immigration, il devenait le porte-parole des orphelins du PEQ. En itinérance, il exigeait que les partis s'engagent en campagne.

Bien en contrôle, le maire voulait donner le ton.

Rencontre entre Francois Legault, Bruno Marchand, Jean-Francois Simard à l'hôtel de ville de Québec le 2 décembre 2025.

Rencontre entre François Legault, Bruno Marchand et Jean-François Simard à l'hôtel de ville de Québec en décembre 2025 (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On connaît la suite. Son agenda a été bousculé par le départ de François Legault et la course à sa succession. Plusieurs dossiers ont été mis sur pause.

Gains

La première bonne nouvelle pour le maire de Québec a été l'élection de Christine Fréchette par les membres de la CAQ. Dès son arrivée, elle a remis la capitale nationale au centre des priorités en tendant la main au maire. Elle a appuyé sans réserve le projet de tramway et elle a conclu une entente avec le gouvernement fédéral pour qu'il finance 40 % de la facture. Une issue qui aurait pu être complètement différente si Bernard Drainville avait remporté la mise.

Les premiers ministres Christine Fréchette et Mark Carney lors de l'annonce d'ententes majeures en matière d’infrastructures.

Les premiers ministres Christine Fréchette et Mark Carney lors de l'annonce d'ententes en matière d’infrastructures (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Elle a remis sur les rails des projets de mobilité, comme le pont d'étagement dans Lebourgneuf et l'abaissement du tablier du pont de Québec, qui sont actuellement examinés par le ministère des Transports et de la Mobilité durable. Elle a mis aux poubelles le corridor central du troisième lien en promettant de relancer le projet plus à l'est avec un partenaire privé.

En matière d'immigration, elle a ramené le PEQ pour deux ans.

Elle a aussi donné son accord pour octroyer des superpouvoirs aux municipalités et mandaté son ministre des Affaires municipales de tenir des états généraux sur le financement des infrastructures.

Bruno Marchand a salué tous ces gestes. Il a baissé le ton. Il est moins revendicateur. Il fait des mises en garde, mais il ne s'emporte pas. Le maire laisse la chance au coureur, même dans le dossier du troisième lien où il s'est montré plus favorable au processus qui doit être mis en branle.

Le bilan

La première ministre semble avoir réussi à faire bouger l'aiguille des appuis dans la région de Québec, selon les plus récents sondages. Mais les critiques à l'égard de la CAQ demeurent, surtout en mobilité. Il y a eu des volte-face, des abandons, des résurrections et du surplace.

La ministre transportant un tas de cartables.

Pour annoncer la fin du troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis, la ministre Geneviève Guilbault était arrivée à la conférence de presse les bras chargés d'études sur le projet. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Est-ce que ses récentes réalisations peuvent être suffisantes pour convaincre les électeurs de regarder en avant et de faire fi du bilan des huit dernières années du gouvernement de la CAQ dans la capitale nationale? Est-ce suffisant pour réparer le lien de confiance qui s'est effrité?

Les adversaires politiques sont déjà à l'œuvre pour rappeler à Mme Fréchette qu'elle ne fait que reprendre le retard accumulé par son prédécesseur et les ministres de la région de Québec.

L'avantage de la glace

Les caquistes détiennent 15 des 18 circonscriptions de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. À trois mois du déclenchement de la campagne électorale, leur avenir reste incertain. Malgré les sondages en progression de leur cheffe, aucun député ne serait réélu à ce jour, selon les agrégateurs de sondages. Cela laisse de la place aux autres formations.

Il est cependant difficile de déterminer si l'un des partis représentés à l'Assemblée nationale part avec une longueur d'avance dans la région. Ils ont tous plusieurs défis devant eux.

Le Parti québécois partait en bonne position. L'élection de Pascal Paradis dans la circonscription de Jean-Talon en 2023 annonçait le retour du PQ après des années de disette. Si tous les espoirs étaient permis, il reste que l'appui à la souveraineté à Québec rejoint moins du tiers des électeurs.

Le candidat Pascal Paradis lève son bras avec le chef du parti Paul St-Pierre Plamondon avant de prendre la parole devant les partisans.

Pascal Paradis et Paul St-Pierre Plamondon célébrant la victoire du Parti québécois dans Jean-Talon en 2023 (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le Parti libéral a connu des années de gloire dans la région, mais pas depuis 2018. Le dernier élu était Sébastien Proulx, qui a abandonné son siège un an après sa réélection. Le parti part de loin. Malgré quelques candidatures de renom, il reste beaucoup de travail à faire sur le terrain pour reconstituer des équipes de bénévoles et réalimenter la fibre libérale. Le chef, Charles Milliard, demeure aussi peu connu.

Québec solidaire a un vent de face. Le parti détient deux circonscriptions en Basse-Ville depuis huit ans où persiste une base péquiste. La division du vote va rendre les choses plus difficiles. Le travail est déjà commencé pour mobiliser les troupes.

Éric Duhaime dans une salle de presse de l'Assemblée nationale.

Le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Il reste le Parti conservateur qui cherche toujours une façon de faire élire un premier candidat. La région est un terreau fertile. Le parti d'Éric Duhaime a terminé en deuxième place dans plusieurs circonscriptions lors des dernières élections. Tous les espoirs sont permis et le PCQ n'a pas l'intention de céder un pouce à ses adversaires.

Difficile donc de dire si la région sortira morcelée de la prochaine élection ou si une vague va tout emporter. Tout ce qui compte pour le maire de Québec, c'est que la Ville fasse des gains.

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