NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
- Accueil
- Environnement
- Renards, belettes, étourneaux, pies… pourquoi la liste des animaux « nuisibles » fait ...
Le gouvernement s’apprête à reconduire l’autorisation de tirer ou de piéger neuf espèces en dehors de la période d’ouverture de la chasse en raison des dégâts qu’ils causent. Les associations de protection de l’environnement veulent mettre fin à ce dispositif, tandis que les chasseurs insistent sur sa nécessité.
Charlotte Murat - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :
Pour limiter les dégâts causés par les fouines dans les combles des maisons, la prédation des renards sur les poulaillers ou encore empêcher que des étourneaux ou des corneilles ne fassent qu’une bouchée d’un champ fraîchement semé, le gouvernement s’apprête à renouveler pour trois ans la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (Esod), appelés auparavant animaux dits « nuisibles ». Soumis à consultation publique jusqu’à ce jeudi soir, le projet de décret a déjà reçu 57 000 contributions, démontrant le caractère éruptif de ce dispositif unique en Europe.
La liste comporte neuf espèces - le renard roux, la belette, la fouine, la martre des pins, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet - qui pourront être tirées, piégées ou déterrées (pour les seuls renards) en dehors de la période d’ouverture de la chasse. Tous les ans, 1,7 million d’animaux sont ainsi tués. Les espèces dites « non indigènes » comme le ragondin, ou nuisibles comme le sanglier font l’objet d’autres réglementations. « Le classement n’a pas pour but d’éradiquer les espèces concernées, qui jouent un rôle important dans leur écosystème, mais de prévenir et de réduire les dégâts que certains individus peuvent occasionner localement, notamment lorsqu’ils provoquent des perturbations des écosystèmes, des dommages aux activités agricoles ou des atteintes aux propriétés privées », précise le projet d’arrêté ministériel, qui encadre précisément les modalités d’intervention.
« Permis de tuer »
Annonçant d’ores et déjà qu’elles déposeront des recours devant le Conseil d’État, les associations de défense de l’environnement sont vent debout contre ce dispositif. « C’est une destruction à l’aveugle, un permis de tuer pour trois ans sur tout le département car des animaux ont causé des dégâts à un endroit », dénonce Dominique Py, responsable du dossier Chasse et Faune Sauvage chez France Nature Environnement.
« Cette liste entretient une logique de destruction systématique, alors que son inefficacité est aujourd’hui démontrée », enchérit la LPO (Ligue de protection des oiseaux), citant plusieurs études scientifiques. La dernière, menée par des chercheurs du Muséum d’histoire naturelle, indique que « la destruction de millions d’animaux jugés “nuisibles” en France ne réduit pas les dommages économiques qui leur sont attribués. Ces destructions ne régulent pas non plus les populations animales concernées, et représentent un coût économique huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces ». « Il faut revoir tout le dispositif, mettre l’accent sur la prévention et n’avoir recours à une destruction qu’en dernier recours, comme le font nos voisins européens », plaide Dominique Py, qui accuse les chasseurs d’ « imposer leurs desiderata » pour « s’adonner à leur loisir toute l’année ».
« Une gestion équilibrée »
« Ce classement n’est pas le résultat d’une réunion où celui qui crie le plus fort l’emporte. Tous les services préfectoraux ont travaillé dessus. Il repose sur plusieurs critères, à commencer par le bon état de conservation de l’espèce. Il ne s’agit pas de faire disparaître ces animaux, mais il faut une gestion équilibrée pour limiter la surpopulation, parce que ces espèces commettent beaucoup de dégâts au printemps et à l’été, quand la chasse est fermée », rétorque la Fédération nationale de chasseurs (FNC). Quant à la prévention, elle est impossible, selon Didier Lefevre, président de l’Unapaf (Union nationale des associations de piégeurs agréés de France). « Vous pouvez mettre un grillage de deux mètres de haut autour d’un poulailler, le renard va quand même l’escalader. De même, il est impossible de rendre un grenier hermétique aux fouines », affirme ce dernier.
Les chasseurs dénoncent également le fait que la consultation publique ait été lancée trop tard par le ministère de la Transition écologique. Le dernier décret pour la période 2023-2026 s’étant arrêté le 30 juin, plus aucun piégeage n’est autorisé jusqu’à publication de l’arrêté actuellement en consultation.
Zoom sur les intérêts et les nuisances de neuf espèces de la liste
La belette
Le plus petit mammifère carnivore du monde fréquente quasiment tous les habitats, tant qu’elle trouve de la végétation pour s’abriter et des petits rongeurs en abondance, notamment les campagnols. Elle participe donc à la régulation naturelle des petits rongeurs. Lorsqu’elle n’en trouve pas, elle peut se rabattre sur des oiseaux, œufs ou jeunes, et des jeunes lapins. Elle peut alors causer des dégâts dans les élevages.
La fouine
Cette espèce carnivore a un régime alimentaire très varié. Ses proies sont essentiellement les petits mammifères jusqu’à la taille des lapins, mais également des oiseaux et leurs œufs au printemps et des fruits pendant l’été et au printemps. Elle participe donc à la régulation naturelle des rongeurs et au reboisement naturel, grâce aux graines contenues dans les excréments. Outre ses éventuelles incursions dans les poulaillers et les élevages de lapins, elle peut causer de gros dégâts dans les combles des habitations, où elle trouve refuge.
La martre des pins
Opportuniste à tendance carnivore, elle se nourrit de petits rongeurs, d’oiseaux, d’insecte ou encore d’œufs, fruits et baies. Elle pèse entre 800 g et 1,6 kg pour une longueur totale de 65 à 85 cm. Son régime alimentaire se rapproche de celui de la fouine, ce qui fait d’elle aussi un auxiliaire écologique majeur, qui élimine les rongeurs qui s’en prennent aux cultures, les petits animaux affaiblis vecteurs de maladies ou en surpopulation et en disséminant les graines des baies et des fruits qu’elle consomme. Elle vit surtout en milieu forestier et peut s’en prendre aux poulaillers, aux nichées de petit gibier et aux ruches.
Le renard roux
Ce carnivore généraliste est un opportuniste. Il se nourrit aussi bien de campagnols, de lapins, d’œufs, d’invertébrés, d’oiseaux nichant au sol, de fruits, que de déchets domestiques et de carcasses d’animaux. On le trouve dans tous les milieux, y compris les grandes agglomérations. Régulateur des populations de rongeurs et agent sanitaire, selon une étude récente, il limiterait aussi la prolifération des chenilles processionnaires, selon une étude récente. Mais il est aussi un redoutable prédateur pour les élevages de volailles, d’oiseaux et de lapins.
La corneille noire et le corbeau freux
Ces oiseaux de la famille des corvidés ont une alimentation très variée : graines, mollusques, insectes, œufs et poussins d’autres oiseaux nichant à terre (canards, faisans), céréales, fruits, charognes, détritus en ville ou sur les décharges. Ils jouent ainsi un rôle d’équarrisseur, de régulateur et dispersent les graines. Mais ils peuvent ravager des semis agricoles, ainsi que des vergers et des vignes.
La pie bavarde
Omnivore, elle se nourrit surtout à terre de larves d’insectes ou de gros insectes adultes, d’escargots, de limaces, de vers de terre, de petits rongeurs, d’œufs et d’oisillons (merles, pigeons ramiers, pinsons, etc.), de fruits variés (cerises, prunes, raisins, glands, noix, pois), de cadavres d’animaux sur les bords de routes, de détritus. Elle peut être à l’origine de dégâts sur les cultures, les vergers et les arbres fruitiers.
Le geai des chênes
Cet oiseau omnivore fait des réserves alimentaires pour l’hiver en transportant et stockant beaucoup de glands à l’abri sous des feuilles ou en les enterrant. Chaque geai des chênes disperserait en moyenne plus d’un millier de glands chaque année, contribuant ainsi à la propagation spatiale des chênes et des hêtres. Mais, comme la pie et ses cousins corvidés la corneille et le corbeau freux, il peut aussi occasionner des dégâts sur les cultures et les vergers.
L’étourneau sansonnet
Insectivore et frugivore, il devient omnivore à l’automne et à l’hiver, avec une prédilection pour les graines. Des troupes de quelques dizaines à quelques milliers d’oiseaux se retrouvent sur les sites d’alimentation (vergers, vignes, semis de céréales, prairies). Ces troupes se rassemblent le soir pour former des dortoirs nocturnes pouvant compter jusqu’à deux ou trois millions d’individus. Dissipateur végétal et proie naturelle des rapaces, il peut provoquer des nuisances en ville (bruit, déjections), des souillures sur les toits et les panneaux photovoltaïques, ainsi que des dommages sur les vergers, les vignes et les ensilages de maïs.
D’autres législations pour le ragondin ou le sanglier
L’ensemble des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (Esod) sont classées en trois listes. Les renards, fouines et autres corneilles font partie de la deuxième liste (Esod 2), qui est revue tous les trois ans en fonction des situations départementales. Le sanglier, le lapin de garenne et le pigeon ramier font l’objet d’une liste à part, Esod 3. Pour ces espèces, le classement est fixé tous les ans, par arrêté préfectoral en fonction des dégâts et des populations dans chaque département.
Enfin, les animaux « nuisibles » non indigènes sont classés Esod 1. Ceux-ci sont au nombre de six : le ragondin, le rat musqué, le raton laveur, le chien viverrin, la bernache du Canada et le vison d’Amérique (à ne pas confondre avec le vison d’Europe, qui, lui, est protégé). Là, le classement est pérenne et s’applique à l’ensemble du territoire. Tous peuvent être tirés ou piégés toute l’année et en tout lieu, à l’exception de la bernache du Canada qui ne peut être que tirée entre la date de la clôture de la casse et le 31 mars. Le ragondin et le rat musqués peuvent en plus être déterrés, avec ou sans chien.


3 hour_ago
26



























.jpg)






French (CA)