Après des pourparlers «constructifs» à Genève ou récemment à Miami, est-on plus proche de la paix en Ukraine? Rien n’est moins sûr. Quelques heures après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky eut jugé positives les contre-propositions faites dans l’optique d’un accord, son homologue russe Vladimir Poutine faisait bombarder des bâtiments civils et des infrastructures énergétiques, plongeant plusieurs régions du pays dans l’obscurité et le froid. Dans le plus grand mépris du droit international humanitaire.
Le processus lancé par l’administration de Donald Trump il y a plusieurs semaines semble faire abstraction d’un aspect fondamental: des progrès ont peut-être été accomplis sur le plan initial en 28 points pour lequel les Européens ont émis des contre-propositions; mais entre l’Ukraine et la Russie, les fondamentaux sur lesquels les deux pays devraient s’accorder n’ont pas changé depuis le début de l’invasion russe, le 24 février 2022. Si le chef d’Etat ukrainien est demandeur d’une cessation des combats, ce n’est pas le cas du Kremlin.
Pour Vladimir Poutine, une paix rapide n’est pas l’objectif prioritaire. Il est bien plus important pour lui de vassaliser l’Ukraine pour mieux remettre en question l’ordre sécuritaire de l’après-Guerre froide. C’est ce qu’il appelle s’attaquer aux causes profondes du conflit. Or la manière dont il se moque de la souveraineté et de la légitimité de l’Ukraine – qui, selon lui, «n’existe pas» – en dit long sur sa volonté de mettre fin aux hostilités. La guerre hybride menée par la Russie contre les démocraties européennes participe de la même volonté de redéfinir des zones d’influence, ce que Moscou appelle son «étranger proche».
Pour l’heure, on parle surtout des concessions que Kiev devrait accepter, mais jamais de celles auxquelles la Russie devrait consentir. En Ukraine, comme le montre un reportage du Temps, certains combattants ne sont pas près de céder le Donbass. Surtout sans de solides garanties de sécurité, qui demeurent pour l’heure très incertaines.
Et l’Europe dans tout ça? Longtemps marginalisée par Washington, elle manque d’unité et de fermeté. On l’a vu avec Emmanuel Macron et Friedrich Merz, incapables de s’entendre sur les fonds gelés russes. Avec l’hiver qui s’installe, un cessez-le-feu serait déjà un premier pas. Mais on en est loin. Très loin.
Lire aussi: «Nous n’avons pas perdu autant de camarades pour rien!»: en Ukraine, les Loups de Da Vinci se battront jusqu’au bout

5 month_ago
85



























.jpg)






French (CA)