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Enquête sur le racisme systémique : pas d’engagement formel du ministre

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Le gouvernement du Nouveau-Brunswick ne s’engage pas formellement à lancer une enquête sur le racisme systémique dans les systèmes judiciaires et policiers, mais il poursuit les discussions à ce sujet.

La mort de Bronson Paul,un membre de la Première Nation de Neqotkuk tué par un tir d’un agent de la Gendarmerie royale du Canada dimanche, a poussé des groupes autochtones, mais pas uniquement, à exiger une telle enquête.

Un homme et une femme sourient à la caméra.

Bronson Paul (à droite),

Photo : Gracieuseté : Doreen Paul

Une telle enquête fait écho au rapport de 2022 de la commissaire Manju Varma, qui recommandait la mise en place d’un groupe de travail sur le racisme systémique dans les services de police.

Si le gouvernement du Nouveau-Brunswick a répondu, pour la première fois la semaine dernière, à ce rapport vieux de quelques années, il ne s'est pas engagé formellement à mettre cette recommandation en place.

Pour le ministre de la Sécurité publique, Robert Gauvin, l’enquête sur le racisme systémique et le groupe de travail font toujours l’objet de discussions.

Les conversations continuent. La porte est pas fermée là-dessus. Les conversations vont certainement continuer sur ce dossier-là, donc on va voir où ça va mener. Mais, absolument, on est certainement ouvert à avoir ces conversations-là. Je pense que c’est essentiel d’avoir ces conversations-là, dit-il.

Le ministre n’a pas voulu évoquer de date butoir, mais il estime qu’il existe un certain travail à compléter avant de pouvoir espérer un résultat.

Il faut consulter les gens. Il faut voir où est-ce que ça mène. Vous savez que pour la première ministre, les Premières Nations, les efforts de rapprochement sont très importants. Il faut tout mettre en place comme il faut , estime Robert Gauvin.

Des données manquantes

Jean Sauvageau, professeur de criminologie à l’Université St. Thomas, fait partie de ceux qui croient qu’une enquête sur le racisme systémique est de mise.

Il y a plusieurs indices qui nous montrent qu’on est face à un problème de racisme systémique qui fait en sorte que quand un policier s'avance sur une cible sur une scène X à laquelle il est appelé, le fait d’avoir affaire à une personne de minorité visible pourrait amener une série de biais cognitifs envers la personne à laquelle il ou elle fait face , dit-il.

Jean Sauvageau en entrevue dans son bureau.

Jean Sauvageau, professeur de criminologie à l'Université St. Thomas (archives).

Photo : Radio-Canada

Ce que critique, d’autre part, l’expert en criminologie, ce sont les données sur les personnes mortes lors d’interventions policières, ou plutôt leur quasi-absence. Il déplore que ni Statistique Canada ni les gouvernements provinciaux ne disposent de telles données suffisamment fiables.

En se fiant sur celles qui existent, il dit constater que les personnes noires et autochtones sont plus souvent victimes des balles de policiers que d’autres groupes raciaux et que la tendance est à la hausse ces dernières années.

Donc, on a encore un phénomène devant nous très grave qui s’aggrave et encore pour lequel les autorités compétentes ne semblent pas très intéressées à poser des questions et à trouver des réponses, affirme le professeur.

Si vous connaissez la première ministre et beaucoup de mes collègues, les données sont très importantes et c’est quelque chose qu’on devrait absolument commencer à chercher, parce que c’est important, réplique le ministre Robert Gauvin.

L’enquête qui est en cours

Dans ce dossier, une enquête est en cours.

Elle est menée par l’équipe d’intervention en cas d’incident grave (SiRT)et s’intéresse aux actions des policiers sur place et non précisément au racisme systémique.

Robert Gauvin dit attendre les conclusions de cette enquête qui, selon lui, doit se faire sans aucune interférence politique.

Le sigle du bureau de la SiRT sur un mur.

Logo de l'Équipe d'intervention en cas d'incident grave (SiRT) (archives).

Photo : SIRT

Il croit néanmoins que cette police des polices est disposée à faire une place aux autochtones, ce qu’ont réclamé certains groupes mi’gmaw et wolastoqey.

SiRT aimerait certainement avoir et a déjà désiré dans le passé avoir une représentation des Premières Nations qui participent ou une liaison. Je pense que c’est très important, dit-il.

Il y a eu une perte de vie, puis mon cœur et le cœur de tous mes collègues vont avec la famille et les gens de la communauté Neqotkuk. C’est très important de le dire. Ça a de la valeur une vie humaine, déclare le ministre.

Avec des informations de Karine Godin

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