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La société Énergie Nouveau-Brunswick a récemment conclu deux ententes pouvant appuyer son projet d’une centrale électrique au gaz naturel et au diesel près de Centre Village, dans le sud-est de la province.
Des documents momentanément affichés sur le site Internet de la Commission de l'énergie et des services publics, lundi, ont révélé une entente conclue avec l’exploitant indépendant du système énergétique de la Nouvelle-Écosse pour lui vendre une partie de la production de la centrale, soit 100 mégawatts, sur 10 ans.
Cela signifie que la centrale pourrait produire jusqu’à 500 mégawatts, selon les besoins.
Les documents révèlent aussi qu’Énergie NB et son partenaire américain qui construirait et exploiterait la centrale, ProEnergy, ont modifié leur entente. Le contrat précédent exigeait l’approbation du projet avant le 2 avril, sinon ProEnergy pouvait y renoncer. La nouvelle entente reporte cette échéance au 2 juin.
La Commission doit évaluer vendredi l’admissibilité de ces documents soumis tardivement. Ses audiences complètes sur le projet de centrale doivent commencer lundi à Moncton.
Des documents affichés par erreur
L’affichage des documents en question sur le site Internet de la Commission était une erreur, selon la greffière en chef, Melissa Curran. La Commission les a retirés en attendant de prendre une décision sur leur admissibilité.
Énergie NB a remis des exemplaires à CBC, mais les documents sont en partie caviardés.

Une centrale similaire à celle qui pourrait être construite à Centre Village. Celle-ci est située au Texas.
Photo : WattBridge
Lisa Griffin, membre d’une coalition pour la protection de l’isthme de Chignecto qui s’oppose au projet et qui est une intervenante devant la Commission, exprime certaines préoccupations.
Elle craint d’une part, si la Commission accepte les documents, que cet ajout retarde le processus en cours, et d’autre part, s’ils sont acceptés sans retard, que les intervenants et les membres de la Commission n’aient pas le temps de les lire soigneusement et de poser des questions.
Le va-et-vient de documents fait partie du processus réglementaire, dit-elle.
Elle s’interroge aussi sur les motivations d’Énergie NB.
Pourquoi avez-vous décidé de faire cela si tard? Est-ce que cela fait partie de votre stratégie? Si c’est le cas, cela manque sérieusement de transparence, juge Mme Griffin.
Des changements considérables
L’intervenant public pour le secteur énergétique, Alain Chiasson, compte recommander à la Commission de rejeter les documents ou de reporter les audiences sur le projet.
Les nouveaux documents changent la composition de l’entente, affirme Alain Chiasson, y compris les coûts possibles pour Énergie NB liés au projet et la production même de la centrale.

L’intervenant public dans le secteur énergétique du Nouveau-Brunswick, Alain Chiasson. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mario Landry
La possible augmentation de la production à 500 mégawatts est un changement important, estime M. Chiasson. C’est pourquoi nous aimerions pouvoir au moins poser des questions à Énergie NB sur cette nouvelle entente.
Possible réduction des coûts, selon Énergie NB
Énergie NB avait déjà annoncé la possibilité de vendre 100 mégawatts à un tiers dans les Maritimes. La société de la Couronne indique dans d’autres documents déposés précédemment devant la Commission que ce serait une occasion d’agrandissement pouvant réduire les coûts globaux pour ses abonnés au Nouveau-Brunswick grâce à une prime facturée pour la capacité de production supplémentaire.
Les nouveaux documents confirment cette occasion d’agrandissement et indiquent que l’entente conclue avec la Nouvelle-Écosse entraîne une réduction du prix effectif pour Énergie NB en raison du partage de certains coûts fixes.
Les risques en l’absence de la nouvelle entente
Une note de synthèse envoyée à des membres du conseil d’administration d’Énergie NB le 17 décembre 2025 fait état de risques si la Commission désapprouve l’entente révisée conclue avec ProEnergy.
On y rappelle que la production d’électricité d’Énergie NB risque de devenir insuffisante si le projet de centrale est retardé.

Certains nouveaux documents d'Énergie NB rendus publics sont très caviardés.
Photo : Radio-Canada / Erica Butler
La note très caviardée mentionne aussi de possibles risques financiers, dont une situation inconnue impliquant ProEnergy, dans laquelle Énergie NB n'aurait aucun recours pour récupérer ses coûts et devrait intenter une action en justice au résultat incertain.
Selon les documents, le conseil d’administration d’Énergie NB a approuvé vers la mi-décembre les nouvelles ententes avec ProEnergy et la Nouvelle-Écosse, qui ont ensuite été conclues le 16 janvier.
D’après un reportage d’Erica Butler, de CBC


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