En quittant le tribunal, Monique soupire: «Sébastien n’est pas fiable.» Jacques ajoute: «Il cherche la prescription.» Ce lundi, après plus de dix ans d’instruction, le procès du gestionnaire de fortune accusé d’avoir escroqué les deux époux et 27 autres parties plaignantes a été suspendu peu après son ouverture. Retenue à Genève par le fameux procès du médecin qui a tiré sur sa femme, Me Yaël Hayat ne s’est pas présentée devant les juges de Sion pour défendre Sébastien B. Ce problème d’agenda était connu depuis le mois de juillet et l’avocate avait tenté de faire reporter l’audience, sans succès. Malgré tout, son absence a engendré l’ajournement des débats, au nom du droit à une défense compétente et efficace. Ils reprendront le lundi 9 mars, une semaine après ce faux départ prévisible.
Défenseur de l’un des nombreux plaignants, Me Nicolas Wyss dénonce «un feu d’artifice procédural» attendu. Samedi dernier, deux jours avant le début du procès, la défense a fait parvenir au tribunal un certificat médical signé d’un spécialiste genevois. Ce dernier estimait Sébastien B. inapte à comparaître. Le même jour, menacé par un mandat d’arrêt, le prévenu avait pourtant promis à un agent de police qu’il se présenterait à l’audience. Ce lundi, enfoncé dans un pull à capuche noir, le quinquagénaire est resté impassible. Selon l’associée de Me Yaël Hayat, Me Simine Sheybani, depuis qu’il sait qu’il ne pourra pas être défendu par l’avocate qui suit son dossier depuis 2008, «il connaît une descente aux enfers».


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