Le sport professionnel tel que nous le connaissons aujourd’hui a vu la courbe de son évolution subir une brusque accélération dans le premier quart du XXIe siècle. Symboliquement, le point d’inflexion peut être situé en Suisse, en 2001. A Bâle, le premier stade moderne du pays (et l’un des tout premiers d’Europe) sort de terre en mars sur les ruines du vieux Parc Saint-Jacques. En juillet, Roger Federer terrasse la légende Pete Sampras à Wimbledon, faisant entrer le tennis dans une nouvelle ère. Elle durera plus de vingt ans. A Nyon, l’habituel camp de préparation estival du Real Madrid est perturbé par l’enthousiasme débordant des fans qui veulent voir la nouvelle recrue, Zinédine Zidane. Le Real ne reviendra plus jamais s’entraîner en Suisse.
A Bâle, puis dans les stades de Berne, Genève ou Neuchâtel, comme dans les patinoires de Zoug, Zurich, Fribourg ou Lausanne, et dans le monde entier, ces enceintes sont désormais appelées «arenas». Et bien souvent, elles ne désemplissent pas. Elles sont conçues pour le confort des spectateurs, sont pensées comme des lieux de loisirs et de consommation, de rencontres et d’opportunités de business. Elles visent à toucher toutes les classes sociales et tous les publics. Elles sortent le match du strict registre de la compétition sportive pour l’englober dans un secteur en pleine croissance de l’industrie du divertissement.


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