«Ah non, pour moi, ce sera une urne biodégradable ou rien!» lâche-t-elle dans un grand sourire, un verre de vin blanc à la main. Accoudés à ses côtés au comptoir du bar qui jouxte le Théâtre de la Bastille à Paris, deux trentenaires, peut-être ses enfants, opinent du chef et commandent une nouvelle tournée. Ils ne sont pas les seuls ce samedi soir de novembre à parler inhumation, crémation et thanatopraxie, dans une ambiance étonnamment chaleureuse.
Nous sortons d’une représentation des Corps incorruptibles, spectacle écrit et interprété par Aurélia Lüscher. Sur une scène qui oscille entre la chambre froide et l’atelier de céramiste, elle modèle un corps d’argile tout en questionnant notre tendance collective à dissimuler la mort. Son geste poétique, à la fois léger et profond, offre de reprendre en main nos funérailles. Pour le public, une discussion au bistro du coin semble un bon début.


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